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 Ikaros (Valka)

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TON JOB: Chercheur en astrophysique, conférencier parfois -mais il a horreur de ça.
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MessageSujet: Ikaros (Valka)   Ven 22 Avr - 14:04

† Ikaros.
W/Valka & Leevi
J'ai pris cette curieuse habitude. Rien qui ne me ressemble. Et pourtant, chaque jeudi soir, depuis quatre semaines maintenant, je me retrouve sur ces bancs en plastique moulé foutrement inconfortables, à me tordre la colonne vertébrale pour dîner devant le spectacle répété du cirque de la ville. "Dîner", un bien grand mot peut-être, pour un simple hot-dog ou de la malbouffe rapide vendue sur le pouce ; c'est que je ne viens pas pour la nourriture, non. Ni franchement pour les animaux exotiques, les danseuses ou les clowns. En réalité, je viens pour ma toute nouvelle fascination. Communes aux étoiles et à la scène qui s'embrase, les flammes. La douce chaleur qui me lèche le visage, me brûle les rétines. A contrario des astres, elles semblent presque... accessibles.

Presque. Il aura tout de même fallu conduire jusqu'aux frontières de la ville. Payer ma place. Me fondre dans le décor. Pas au premier rang, non. Au troisième. Par crainte que l'on m'appelle en cobaye pour un numéro, quoi que cela n'est jamais arrivé. Tout cela pour seulement l'effleurer. Et c'était presque assez.

La voilà. Le repas attendra pour être fini. Je baisse les mains, le sandwich entamé, les yeux soudainement teintés de cette splendide admiration, happés par son visage d'ange, son allure puissante. Les lèvres s'étirent en un sourire bête, comme s'il eut s'agit de nos retrouvailles, à nous. J'ignore son nom, le son de sa voix. Mais je connais ses gestes, sa grâce, et toute l'intensité de son numéro qui se met en scène devant moi. Son implication sans faille. Alors, je m'engage comme elle, à apprécier tout ce qu'elle m'offre. Les autres n'existent plus, non. C'est notre moment. Notre tête à tête.

Elle te regarde. C'est toi, qu'elle regarde. Elle a du te reconnaître. Il n'y a pas énormément de monde.

Un soir de semaine. Je n'ai pas voulu affronter la foule. Ca n'était pas pour me faire remarquer. Loin de là. Je l'aime, ce confort de solitude. L'admiration discrète. Je me sens voyeur. Comme si je n'avais pas tant le droit de la contempler de cette manière.

Elle t'a vu. Et maintenant, elle t'ignore.

La belle s'est détournée, oui, parce qu'elle n'a pas que mes yeux à émerveiller.

Peut-être parce qu'elle te trouve bizarre. Quel genre de type vient passer ses soirées seul au cirque ?

C'est vrai. Il y a des familles. Des couples. Et moi, je suis isolé entre plusieurs places vides. Comme un abruti bienheureux. Le sourire s'estompe. Mais l'admiration, elle, persiste en ce qu'elle a de plus fou. Jusqu'à la toute dernière seconde. Jusqu'à ce que l'air s'alourdisse des effluves de pétrole toxique, sous les lumières aveuglantes du feu qui jaillit d'entre ses mâchoires. Beauté imposante, qui s'éclipse sous les applaudissements des autres. Sous mon silence absorbé.

Il faut que je la vois. Il faut que je lui parle.

Le show ne touche même pas encore à sa fin. D'autres artistes entrent sur la piste. Moi, je me lève, me débarrasse de mon reste de dîner et sors du chapiteau.

Elle t'attend.

Elle m'attend. D'un pas pressé, je contourne la structure, profite d'une inattention du personnel pour me glisser jusque dans la partie réservée aux vedettes de l'étrange. Plusieurs caravanes, planquées à l'arrière. Loin des lumières, des tambours. Je m'y paume, comme un fantôme en quête de son âme à hanter. Je la cherche. Passant devant plusieurs loges, guettant aux fenêtres, un indice, quoi que ce soit, ne récoltant que quelques remarques acérés de personnalités insurgées, prises dans l'intimité de leur vie privée. Et finalement... Une porte ouverte. L'odeur du kérosène. Le coeur s'emballe. Fièvre incontrôlable, et le stress. La nervosité, la peur de se planter. Jamais celle d'être déçu. Je n'ai pas de plan en tête, non. Il y a juste mes doigts qui se replient lentement, viennent frapper contre la porte. La tête qui passe dans l'embrasure, trop poli pour entrer comme une tornade sans prévenir.

"Excusez-moi, je... cherche une des artistes. La cracheuse de feu." Je ne la vois pas, devine à peine les ombres qui se brisent sur les parois de l'habitacle. Le son des gestes, l'odeur enivrante. Le brulé. Le pétrole. Le démaquillant, la laque. Toute la chimie, la magie. Pourtant, j'en suis certain. Mon soleil n'est qu'à quelques mètres de moi, et je m'y brûlerai sans hésiter les ailes jusqu'à ne plus savoir voler.
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MessageSujet: Re: Ikaros (Valka)   Mar 3 Mai - 17:41

† Ikaros.
W/Leevi & Valka
L’heure c’est l’heure. La peau luisante de peinture noire, bleue et dorée. Presque nue pour leurs yeux à eux, pour sa sécurité à elle. La peinture qui couvre son corps comme un fin vêtement, comme une seconde peau… écailleuse. Serpent, non. Dragon. La peinture qui masque le produit qui l’empêche de s’enflammer elle-même. L’illusion parfaite, un ensemble sensuel, charismatique, dangereux. Mais pas pour elle. Juste un costume, une seconde peau qui – heureusement – ne demande pas à être repeinte tous les soirs. Le Dragon, c’est trois soirs par semaine, le numéro en solo, son moment à elle. En tête à tête avec son public. Parce qu’un Dragon sans public n’existe pas, sans personne pour le regarder, il se meurt. Dans le fond, elle aimerait pouvoir dire qu’ils ne viennent que pour elle, et que c’est elle qui leur fait l’honneur de sa présence. Mais la vérité est tout autre. Elle vit pour eux, elle vit grâce à eux. Ce sont eux qui ont fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui, son public, son seul grand amour. Ils reflètent ce qu’il y a de mieux chez elle, ce qu’il y a de pire aussi. Elle sait, ils jugent. Chaque pas, chaque geste. Le tout est analysé au millimètre près.

Valka, la mère des Dragons. Elle fait trembler les enfants d’effrois et d’excitation, elle fait réfléchir les parents, elle les inquiète aussi un peu. Elle fait glisser des regards lubriques sur son corps dénudés, pauvrement vêtu d’un shorty moulant et d’un top si fin qu’on la croirait nue, sans bien regarder. Mais ce n’est pas tant ses formes qui attirent, ni sa chair offerte, non. La peinture fait illusion, la peinture l’habille d’une tenue décente. Ils viennent pour tout autre chose, ces gens qui s’ennuient. Ils viennent voir le monstre, le dragon. Ils viennent voir les flammes qui s’échappent de sa bouche et qui manquent de tout dévaster sur son passage. Ils viennent pour l’ambiance, le chaos, le désordre, les cris et les flammes. L’impression que c’est humainement impossible… L’impression de voir une réincarnation en elle. Un dragon dompté, crachant ses flammes devant vos grands yeux ébahis. Un animal sorti de sa cage, rien que pour vu. Un animal mythique, mais un animal. Rien d’autre. Une bête de foire, un monstre, un freaks. Ce qu’elle a toujours voulu être.

Son regard traine dans le public, capte des visages éphémères pendant que son corps ondule sous la musique, que son corps se tord, que les flammes manquent de venir caresser les joues des spectateurs du premier rang. Et quand un sourire s’étire, découvrant ses dents blanches au milieu de ce visage cendré, la musique se tait et elle disparait dans un rire fantomatique. Il n’y a pas de salut pour le Dragon, elle entend les applaudissements alors qu’elle s’échappe du chapiteau, comme si rien ne s’était passé. Elle sillonne les caravanes, jusqu’à trouver la sienne dans laquelle elle grimpe sans prendre la peine de fermer la porte. La première chose qu’elle fait c’est de débarrasser le plus possible sa bouche du kedrane qui s’est accumulé ce soir. Mourir à petit feu n’implique pas d’accélérer les choses. Puis regardant sa face noire et dorée dans son petit miroir, elle entreprend de se démaquiller un minimum avant de sortir et de faire couler la douche extérieure à sa caravane. L’eau est tiède, presque froide. Mais la douche du véhicule serait laborieuse à laver si elle se lavait dedans. Dehors, à peine  cachée d’un mince rideau, seule la terre souffre des couches de peinture qu’elle arborait ce soir.

Mais Valka, à peine a-t-elle renversé son visage en arrière qu’elle entend un bruit, pas loin d’elle. Elle coupe la douche et écoute. Excusez-moi, je... cherche une des artistes. La cracheuse de feu. Elle se penche alors, pour voir qui a pris le risque de s’aventurer par ici. L’homme est déjà à moitié penché à l’intérieur, comme s’il s’apprêtait à entrer. Que veut-il, au juste ? Elle n’a pas beaucoup de temps, pas beaucoup de vêtements non plus, elle porte toujours son short et son top, dégoulinants d’eau et de peinture. Elle passe une main dans ses cheveux, les remettant en arrière, puis se place non loin derrière l’intrus qui se penche encore. « Que lui veux-tu ? » Quand il se retourne, elle se tient droite, les bras croisés sous sa poitrine et le regard froid braqué sur lui. Elle penche un peu la tête sur le côté en le détaillant. Un bel homme. Avec ce regard un peu vague et décalé et qui attire l’attention de Valka. Elle, dégoulinante de peinture noire et d’eau, se délave de la tête aux pieds. Le visage encore un peu cerné de noir, les sillons sombres qui parcourent sa gorge, le bleu et le doré de sa peau qui se mélangent au noir. Quelques minutes plus tôt et elle aurait été telle qu’il l’avait vue sur scène, quelques minutes plus tard et il aurait pu peut-être voir la véritable couleur de sa peau.

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    AUX AUTRES LE CIEL BLEU
    De ces espérances chimériques dont la renommée enchante le cœur de ses esclaves, puisque nous n’emportons chez Pluton que la poussière dont nous sommes formés ©️ signature by anaëlle.

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MessageSujet: Re: Ikaros (Valka)   Mer 4 Mai - 23:32

† Ikaros.
W/Valka & Leevi
Ça vient de derrière.

Je sursaute, l'épaule tapant lourdement contre le cadre en bois de la porte, manque de trébucher sur la marche la plus haute, me courbe et tourne, comme je le peux, dans ce passage étroit. Devant moi, sous mes yeux ronds comme deux grosses billes bleues, elle apparaît. Un ange. C'est étrange. C'est presque dérangeant, de la voir à mi-chemin entre le personnage, le monstre incarné, et sa réalité ; le maquillage partiellement effacé, le masque qui n'est pas totalement tombé. Les traînées noires qui courent sa peau jusqu'aux vêtements détrempés. Le galbe des seins, des côtes et de la taille ferme finement sculpé sous le tissu qui la colle, parfois semé de dorures qui se défont, ne laisse plus guère de place à l'imagination. Je déglutis.

Tu es trop nerveux. Arrête de regarder ses seins. Elle l'a vu, ton regard qui s'est perdu. Elle t'a pris au dépourvu. Tu ne la baiseras pas.

Je ne pensais pas à ça. Je ne suis pas sale. Je ne suis pas comme ça. Je reste sourd, malgré les pensées perpétuellement agitées, secouées, brouillées, redresse le regard, me plante sur le sien, y trouve un songe de stabilité. Le dragon, ses artifices éteints, semble presque ordinaire. Si ça n'est, qu'à y voir de plus près, elle semble encore plus belle. Silencieux, comme un braqueur pris la main dans le sac, je descends doucement les quelques marches de la caravane, une à une, pour venir poser les pieds sur la terre battue.

Elle pense que tu n'es qu'un sale voleur. Un voyeur. Un pervers en chasse. Vois comme elle te dévisage, Leev. Tu n'as plus le moindre espoir qu'elle te porte quelconque sympathie. C'est mort. Tu as grillé ta chance. Va voir ailleurs.

"Non ! Je... Je ne suis pas un voyeur." Les paroles de la belle sont fatalement déformées en ce reproche. Je détourne les yeux, sourcils froncés, les traits tendus. L'une de mes mains vient effleurer ma tempe douloureuse, passe dans les cheveux courts. J'ai une sainte horreur des surprises. Le simple fait de la voir jaillir là où je ne l'attend pas suffit à bousculer tout mon petit monde, trop fragile, trop instable. Toute ma personne tient à bien peu. Sans cesse à deux doigts de m'écraser dans la pure démence.  Alors, comme un navire en pleine tempête, il me faut quelques instants pour me remettre droit. La pression fait rage, bien trop, frappe les côtes de l'adrénaline qui n'en finit plus de pomper à travers chaque veine, chaque organe. Les viscères se tordent, font mal. Je secoue vaguement la tête, et refais surface. "Je veux simplement... votre nom ?" Questionnant ; maladroit. C'est pourtant simple. Mais j'ai un mal fou à juste exprimer le fond de ma pensée.

Souffle. Non, ne souffle pas. Elle sait. Elle sait que tu es bizarre.


Mais elle l'est aussi, n'est-ce pas ?

Toujours moins que toi, Leev.


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