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 paradis perdus (arsène)

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The badder they are, the bigger the reward.
CARTOUCHES : 31


MessageSujet: paradis perdus (arsène)    Lun 21 Mar - 22:49

old brother

Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ? Peut-on déchirer des ténèbres plus denses que la poix, sans matin et sans soir, sans astres, sans éclairs funèbres ?


Nuages dans la mêlée de ses pas, souffle la brise d’une aube glaciale, grondent les premiers psaumes de l’aurore éclose. L’endroit affiche pâle figure aux intrus qui s’aventurent en son sein putride. Le blafard habituel qui draine frissons sous l’épiderme, l’haleine frelatée qui arracherait grimace et trémolo au plus  robuste cloporte. Ainsi se rythme l’ardeur des vies ôtées dans le champ du repos, ainsi gondolent les morts sur les vastes tombeaux.

Des années qu’il n’a foulée l’herbe chlorotique du vieux cimetière. Trop longtemps sans tirer sa présence aux pieds de la belle endormie, ni prier pour son âme mille fois bénie. Pourtant, d’une terre retournée une trentaine plus tôt, des germes de fleurs s’élancent tout autour de la pierre infertile. Des cendres enfouies, la vie qui bourgeonne, s’illustre en sublimes nuances.  Un sourire s’incruste dans la chair fissurée à l’idée de la belle réincarnée. Une digne renaissance pour celle qui fut merveille de son souffle vivant. Pour la princesse engloutie dans le gouffre néant.

Mais le petit prince se fait violence et ravale les rondeurs larmoyantes qui se sont écoulées jadis pendant bien longtemps. Ce jour-là, le barbare paternel, la moitié arrachée à lui, aux horreurs de la terre.  Ame fendue au trésor disparu. Pourtant, il a survécu. A moitié, y a des bouts de caboches perdues, laissées dans le vestige de ses périples. Y a la raison atrophiée, muée en un sentiment monstre. Emoi tremblant aux pinceaux d’ébène qui ont gravis les remparts et violés jusqu’aux tréfonds de sa nature. L’ange crevé depuis des années, n’en reste qu’un diable charmant.

Après la bohème d’une période nomade, à fuir ses démons comme les chercher aux moindres cantons du globe, le retour au berceau de sa jeunesse. Les odeurs indélébiles viennent chatouiller le museau engourdi. Rien n’a changé, ou presque. L’herbe plus haute, des sépultures ajoutées depuis la fugue. En trente ans, bien des morts. L’indifférence pour ces squelettes anonymes, le regard vitreux seulement dédié au caveau de la jumelle tant chérie.

« Je suis désolé… » Pour n’être venu plus tôt, pour la lâcheté préférée au courage des regards piteux, de la charité méprisée. Pour avoir rejeté le monde et refoulé la terre jusqu’à s’en faire vomir. Pour avoir trop pleuré et chercher la misère. La main se fait tremblante, la lèvre palpitante. Les billes cireuses perdues dans le vide des lettres incrustées. N'entend t'il les pas derrière lui.



acidbrain + baudelaire

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Promesses de l'ombre
A l'heure où les chastes étoiles ferment leurs yeux appesantis, l'araignée y fera ses toiles, et la vipère, ses petits...
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melt my bones, enter my blood & take my heart.
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Bang bang.
TON JOB: trafiquant (organes)
TON AGE: cinquante-deux années.
TES ENNEMIS, TES ALLIES:
MessageSujet: Re: paradis perdus (arsène)    Sam 26 Mar - 23:33

paradis perdus
If you have a sister and she dies, do you stop saying you have one ? or are you always a sibling, even when the other half of the equation is gone ?
Assassin au cœur tourmenté. Il marche derrière un passé envolé depuis des années, à la conquête des souvenirs qui se sont dissimulés dans une des nombreuses chambres de sa mémoire. Palais immense où sont capturées les images de quelques moments éphémères rendus immuables par le temps passé entre ses murs. Moqueries balancées sur la danse, sur la façon avec laquelle il malmène sa carcasse après les cours. Sourire qui se dessine à la main qui tape doucement les hyènes rieuses. Il contemple silencieusement les fantômes de leur jeunesse, époque dont il ne reste plus que des cendres, dont il ne reste plus rien après le départ de celui qui avait été comme un frère pour le duo gémellaire. Assassin au cœur brisé. Il marche entre les tombes, parmi les âmes des envolés, abandonne son palais de la mémoire pour fouler la terre de ceux qui se sont endormis. Charognes pourrissantes laissées aux vers. C'est là tout ce qu'il reste des êtres chers, des êtres qui ont été arrachés des bras aimants par la Faucheuse. Arsène renâcle, mépris engendré par la colère, espère que sa carcasse sera incinérée, que son corps ainsi redevenu poussière sera envoyé dans les cieux ou dans les océans, et que son âme retournera auprès de celle de son double, là où est a place. Écœuré, dégoûté, il marche encore, juge les tombes de son regard dépareillé. Prénom recherché par les ambres à la ressemblance cassée. Épitaphes gravées sur une stèle en marbre immaculé. Joséphine Bonny. Petite-sœur qui leur a été enlevée par jalousie. Faucheuse amoureuse. Elle est l'inconstante qui se marie à toutes les belles âmes, les emporte en premier avant qu'elles ne soient trop tâchées par la vie.

Mouvement de recul au murmure lâché dans la brume. Arsène serre doucement sa prise sur le bouquet blanc à la peur qui cogne dans son cœur, cogne dans ses tempes. La tentation est grande de se détourner, de retourner à sa voiture garée un peu plus loin, de faire comme s'il ne l'avait jamais vu. Les ambres se posent sur les roses alors que la pulpe de ses doigts caressent pensivement leurs pétales. Cadeau pour un anniversaire macabre, pour célébrer une union qui les pousse à se parer de noir pour retrouver celle dont leur existence est dénuée depuis des années. Un pas, suivi de près par un autre. Timide qui s'approche, qui a conscience de sa faute. Le double délaissé pour un ami, pour quelques cours séchés, pour quelques escapades, pour qui il a abandonné ce dernier au décès de sa sœur. Honte qui colle à la peau, suinte par tous ses pores. Il observe le prénom gravé sur la stèle, n'ose pas regarder celui qui se trouve à ses côtés. « Bonjour, Jack. » Assurance qui domine la voix malgré le tremblement de ses lèvres. Il se penche sur la tombe, y dépose les roses puis se concentre quelques instants sur les dorures qui composent le prénom de la belle envolée, avant de se relever. Côté gauche de son visage qu'il évite de lui présenter pour ne pas lui montrer la marque laissée par la lame d'un poignard alors qu'une larme sanguinolente roule le long de sa joue.

_________________

A mockingbird, I called you. Always changed your tune to fit the screams. How does your chriping sound when you are the one screaming ?
Listen to your pretty mouth sing.

remember when you loved me ? neither do i.
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