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 bad animals (harley)

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The badder they are, the bigger the reward.
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MessageSujet: bad animals (harley)    Dim 20 Mar - 16:31

we dreamed too

Voici le soir charmant, ami du criminel ; il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel se ferme lentement comme une grande alcôve, et l'homme impatient se change en bête fauve.


« La deuxième derrière le macdo, deux heures trente, tu y trouveras le colis »
« Ok »

Pression du pouce et bourdonnement infernal, fin de la causette…  Chaque semaine le même couplet, la besogne identique. L’échine se déroule aux assauts frissonnants, aux quelques murmures à l’autre bout du cellulaire. Un ordre qui sonne comme une demande polie, le ménage en second loisir. Corbeau sous la lune grandiose, c’est la traque des squelettes bâtis de chair saccagée, des belles ruinées, des jolis éventrés. Le cliquetis délicieux et l’étouffement sanglant au coin de la rue, les roucoulements impies contre les murs poussiéreux. C’est la valse des cadavres dans un océan pourpre, les vies ravagées avant l’aube animée. Esquisse fabuleuse, horreur sympathique, l’humanité ignoble qui étend ses doigts souillés…

Au dehors, le soir s’incendie à la dérobée des lèvres galeuses.  Embout de clope allumée dans l’étau paternel de mains avides, l’aspiration béante du gourmand insatisfait claquant comme des goulées impures dévorées dans les entrailles du putride. Le fin talon meurtrit sans traces les pavés emboîtés par millier. Des bornes parcourues sous la voûte nocturne,  l’ombre mobile ne laisse que des remugles de cendres, des senteurs crapules derrière elle. Une odeur immuable au vertige du temps qui passe, l’affinité fidèle pour la marque Gauloises depuis sa première branlette. Allez savoir, y a des trucs qui changent pas…. Des habitudes intarissables, qui évitent à certains de disjoncter dans la folie des temps modernes. Un signe indéfectible qui marque, se fait l’usage d’une identité pour celui ou celle qu’on pensait avoir oublié. Un peu comme la vieille enseigne d’un village qu’on aurait jadis quitté dans la fougue juvénile.  Quelques fragments rouillés qui survivent au carnage du monde. Des survivants…

Le centre ville. Ca grouille pire qu’une fourmilière, de jeunes imberbes et petites connes flanqués devant les boîtes à se dandiner, de vieux chacals étourdis à force de trop biberonner le blanc béni. A cette heure indécente, les mouches dansent pendant le dodo des lucioles. Les pourris de sortie avant que s’éveille la bonne société aux premiers pinceaux lumineux. Vieille routine qui suit une ligne constante, une conduite permanente.  Jack chaloupe sur la rondeur délicieuse de cet engrenage familier. Le jour ça enfourche ses belles étoffes pour se muer parmi ses collègues et faire figure de bonne étiquette. Le soir, une autre histoire, où la veste glisse des bras pour laisser danser la charogne dans la pénombre grisante et la foule ignare.

Bientôt, ça suinte l’huile de friture et la viande de qualité douteuse. Le macdo, une cuisine à foutre en l’air vos intestins et à augmenter le taux d’obésité dans la population. Longeant le fast-food sans prêter œillade aux affamés campés devant un hamburger dégoulinant d’un trop-plein de sauce, Jack débouche dans quelques ruelles noueuses et dépeuplées. Pas de cadavre. Un coup d’œil sur sa rollex l’inquiète. L’heure de rendez vous passée de quelques minutes, et pas de carcasse à ramasser. Le voici bien embêté... « Putain… » Alors que la main glisse dans poche du pantalon pour choper le portable, le vieux légiste s’immobilise au doux tintamarre d’un coup de feu  et d’un glapissement successif. Depuis dieu sait quel étage, son colis chute à ses pieds dans un fracas sec. Cinq minutes de retard. La gorge ronronne d'irritation, d'un retard qu'il méprise.


acidbrain + baudelaire

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Promesses de l'ombre
A l'heure où les chastes étoiles ferment leurs yeux appesantis, l'araignée y fera ses toiles, et la vipère, ses petits...
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MessageSujet: Re: bad animals (harley)    Mar 22 Mar - 16:11

holes in your coffin
Hey man, you know you're never coming back. Past the square, past the bridge, past the mills, past the stacks. On a gathering storm comes a tall handsome man in a dusty black coat with a red right hand
Singent les ombres sur un mental calciné. Ricane la nuit alors que s’élève la mort au coin de chaque ruelle. Danger en étendard. Aucun pour écouter, tous avide d’une main tenant le manche d’un couteau. Se croire roi, monarque maladroit d’un royaume de cendres. La carcasse d’une voiture dégueulant le luxe sillonne les routes, s’égale à d’autres possessions. Clinquante au milieu de la débauche. Une de plus. Les allés pleuvent d’un vice contenu difficilement aux heures d’un orbite jaunissant. Les pulsions s’éveillent, grignotent au cœur de chacun. Innocence enfermée, double tour, rendez-vous demain matin. La voiture gronde sur l’asphalte, allure ralentie. Le regard accroche les passants, dénude les corps emmaillotés de tissus. S’imprime le dégout aux traits fatigués de l’homme.

Contrat. Mort demandée, aucune précision. Loger une balle, une lame et se défaire du lieu, abandonner le corps à la pourriture. Le laisser se dégorger sur le sol. Gamine moquant ses gestes, jouant avec une arme. Flingue qu’il jure être un faux. Un coup part, lorgne l’épaule, saccage le tissu d’une veste neuve, triture la chair. Crachats d’insultes. Vociférations d’un fauve blessé. Gosse stupide, malade jouant avec le rebord de la fenêtre. Séduction du vide. « J’avais décidé de me suicider… aujourd’hui…. je suis en retard, à cause de vous » La gosse s’amourache de la mort, convoite les faucheurs gourmands. Le vent gronde dans la pièce désertée, soulève quelques feuilles indolentes, ballet intéressant. « Vous pensez que c’est suffisant… pour mourir ? Je n’ai pas calculé le nombre d’étages. Quatre, ça me semble suffisant, au pire, vous savez comment faire, une balle dans la cervelle, pour en faire de la bouillie, j’veux pas qu’ils me reconnaissent. Vous pouvez faire ça ? Flinguer mon crâne ? » Intrigante inconnue. La main portée à l’épaule meurtrie se déverrouille, relâche l’étau. Morsure de la balle qu’il sent pleinement. Aucun temps de parole accordée. La princesse s'évade aux cieux crasses. Brouillard emportant la petite, logeant le corps à la brise camarade du dernier saut.

Pas un regard pour l'envolée tragique. Le craquement mortuaire du squelette contre les pavés suintant les traces d'inconnus. Promesse à effectuer. Crâne en charpie. Morceaux dans le caniveau. Il rejoint le sol. L'étage de la bassesse humaine. Retour aux pourritures. Le crime est partagé. Présence d'un autre. Gêne pour la finitude. Une arme se tient sans conviction dans la main gauche. Le bras épargné. L'autre crache son suc, déversé le carmin. Quelques sutures à venir. L'obscurité éloigne les amitiés. Trahie les liens. Visage terni des ombres. Non reconnu. Juste le Passeur. L'homme qu'il ne doit pas voir. Exécuteur. La suite ne lui appartient plus. La chaussure éclate le crâne. Plusieurs coups. Réduit la boîte et son contenu à une bouillie. Vision indigeste. « La mort est en retard. Je le sais. Je m'excuse » Les paroles dissonent, sonnent le désintérêt de son acte, du boulot de l’autre. Geste pour le retour, le détour de la scène. Grésille un lampadaire malade, s’éveille miraculeusement et crache sa lumière, auréole contre le crâne d’un thanatos bourru. Absence de reconnaissance, une seconde à fouiner dans la caboche, à chercher l’identité du visage. Le choc au cœur. S’étire un sourire, un semblant d’expression, une fissure au masque. « Un fantôme devenu nettoyeur de cadavres, belle ironie Jack.. bienvenue chez toi Jack » Répétition du prénom, martellement de l’identité, de celui qui l’a abandonné, pas un mot. Gosse disparu de sa vie, comme d’autres, ces oubliés. Jack qu’il a poursuivi, un temps, pas assez. « Nous pourrions faire comme tout le monde, ressasser le passé, savoir où tu étais passé, mais vois-tu, j’ai plus urgent que tes petites histoires » Le bras gémit toujours de l’impact. Balle éclatée dans les tissus. Saleté de gamine.



Dernière édition par Harley Mahler le Dim 27 Mar - 12:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: bad animals (harley)    Mar 22 Mar - 21:55

we dreamed too

Voici le soir charmant, ami du criminel ; il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel se ferme lentement comme une grande alcôve, et l'homme impatient se change en bête fauve.



L’os fendu, le sang vomi. L’esquisse infâme d’un travail bâclé, d’une œuvre inachevée. Quel gâchis. Un corps rompu sous la chair tendue et saccagée. Au seul coup d’œil traîné sur la potiche crevée, Jack soupçonne une beauté bouleversante et un galbe tendre. Elle aurait pût être l’illustre toile d’un maître habile, la Joconde ressuscitée dans la noirceur sublime. Sans joie ni appétit pour la besogne à venir, les rétines embrassent la pénombre murale et cernent la silhouette du bandit maladroit. Rictus méprisant aux coups de taloche égarés sur le cadavre mourant. Des ravages en excès et le charme oublié, le bourreau prenant malin plaisir à gâter sa corvée. Ce genre de type qu’il méprise et toise sans mot dans l’ombre de sa noble tâche. Qu’on viole son butin à foison et que cogne l’outrance d’un corps dévasté sans jauge ni passion. De ces soirs où il ne tire que maigre ivresse et vaste avanie…

Des mots. Ils glissent sur le galbe anodin d’une langue vipère, trébuchent d’un silence fugace, puis reprennent avec  plus d’affection. Jack sourcille et dresse ses globes curieux vers le minois aspergé sous la lumière safranée d’un lampadaire grésillant. Sursaut du cœur, l’envie de rire à l’esquisse d’une farce abominable. Rire jaune englouti sous le labre sclérosé, le vieux légiste lorgne avec intérêt, quoiqu’interdit, les orbes insolentes qu’il a jadis chéries. L’adulte se prétend, mais aux paroles qui se déchaînent sans demande, Jack y voit toujours l’enfant, le chiot aux abois, le gosse insouciant. « Toujours aussi imprudent… » Pas de bonjour ni questions, claque l’indolence par-dessus la curiosité avide. Des pas il approche jusqu’à l’innocence dilapidée par l’usure des armes et en saisit le bras troué, pression cruelle sur la blessure nouvelle. « La gamine t’as eue, quel pathétique tueur tu fais… » Incendie, la hargne qui brûle sous l’os solide. En colère d’un passé galopant hors des tiroirs de l’oubli. C’est vague et gorgé de poussières, mais le cœur retrouve les sentiments pour le jumeau abandonné. A l’envie de cogner le crâne du gosse contre le bitume sous leurs pieds. Geste qu’il retient, mordille l’embout de clope pour passer ses nerfs. Aux chiottes l’accalmie passagère. « Faut croire qu’il y a des trucs qui changent pas, toujours à devoir s’occuper de toi » Moutard cascadeur qu’il faut ramasser au détour d’un trottoir. L’ébauche familière soulève quelques battements nostalgiques sous le poitrail immobile.

Un regard oblique vers la mansarde voisine. Sans considération pour la plaie hurlante, les doigts creusent l’étoffe et tirent le supplicié jusqu’à l’ancien cabinet du vieux bob. Porte ouverte, le légiste entraîne son patient sur la table boiteuse au centre de l’unique pièce. « Tu fermes ta gueule et tu mords sur ta chique » Une trousse et un flacon de rhum sortis du veston, commence l’entreprise du maître charpentier. Quelques minutes où la poigne oblige le moustique à rester immobile et où dansent les ustensiles dans la morsure enflammée. Une balle extraite dans un bain d’alcool, morceau de tissu comme bandage de fortune. La tâche résolue, le gibier relâché, la trousse rangée. « Tu peux aller te faire foutre où bon te semble maintenant…. » Pourra t’il alors retourner sans s’inquiéter des déboires du jumeau  inconscient, à l’imaginer valser à ses activités sans se soucier de la balle logée en sa chair. L’envie soudaine au premier bar longé, la soif monstre pour oublier ce visage du passé. Vieux fantôme qu’il dévisage sans fables auxiliaires ni charades, au danger des pages tournées.  Putain que c'est dur de le revoir...


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MessageSujet: Re: bad animals (harley)    Dim 27 Mar - 12:42

holes in your coffin
Hey man, you know you're never coming back. Past the square, past the bridge, past the mills, past the stacks. On a gathering storm comes a tall handsome man in a dusty black coat with a red right hand
Jack. Jack. Jack. Répétition du prénom à s’en décrocher la mâchoire, à s’en décalquer quelques synapses et souvenirs boiteux du passé éradiqué. Improbable rencontre, impossible retour du disparu. Mort. Carcasse pourrissant aux eaux. Foie éclaté d’alcool. Suicide. Corps charrié par le Styx. Autant d’excuses pour ne plus le chercher, renâcler la Terre, le retrouver. Jack et la blondine. Amitié chère, rare présence acceptée. Partage. Jack qu’il lorgnait d’un œil mauvais, lui, entrainant Arsène dans les pires coups, l’abandonnant, le laissant crever sur le bas-côté. Rapprochement avec le double blond. Jack. Jack. Jack. Ritournelle du mauvais gars. S'exclame l'animal. Cogne la moquerie, se fraie un chemin contre la barrière d'une clope fanée. Connard. Chien autrefois aimé. L'amour pour les éclopés. Corps figé, prêt à l’attaque, poings serrés. L’envie mordante d’y mettre un terme à ce fantôme. Arrêt des mots boiteux, cinglants. Poignards lancés avec justesse. Toujours abattu par les paroles du plus vieux, toujours à incliner la tête. Harley, gamin devant le grand malade. Cinglé à apprivoiser. Travail de travers insulte l'autre. Gosse achevée sur le trottoir. Dégueulasse. Cervelle en morceaux. Cotillons sur le goudron. « Elle est morte. C'est l'essentiel » Après souffrance, après un regard vissé vers lui. Seul globe encore vivant, agité dans la cavité. Promesse qu’il lui a faite là-haut. En finir. Ne lui laisser aucun visage, aucune identité. Plus personne. Une pourriture, un corps, un numéro à la morgue. Mort qu’il maitrise, qu’il orchestre, ne laisse pas de dégâts. Parfois des erreurs, des contretemps, des plus malins. Une gosse surprenant par sa folie. Sublime mêlée à la fange, noyant les restants humains à la crasse urbaine.

Bras cogné de la mort. Ébauche sanglante. Elle s'est logée la garce, chatouille les tissus. Racle les nerfs. Les dents se referment sur la langue. Salopard qui pince la plaie, s’amuse à appuyer contre la morsure. Pourriture qu’il suit sans poser de question, sans nécessité de connaître la suite. Local en décomposition. Veste déracinée du bras. Il se lève, prêt à partir. Refus d’une quelconque opération ici. Peur de finir avec milles maladies.  « Tu as eu un diplôme ? Quelque chose prouvant tes capacités de boucher ? » Moquerie masquant la peur, le chatouillement de la mort. Rien à craindre d’un bras perforé. Tout à perdre dans un lieu comme celui-là. Bouffé par le temps, par les passants. Extraction du corps étranger, de la petite nouvelle s’étant frayée un chemin, construction d’une charpente agréable sous les tissus. Nouvelle plaie pour une collection aujourd’hui impressionnante. Cartographie des meurtres, histoire imprimée sur la carne. Visage crispé par les opérations, enchainement de gestes mécaniques. Sursaut du bras. Habitude de se soigner seul, de taire le mal par des pratiques maladroites. Remerciements absents.

Aller se faire foutre. Disgrâce d'un sourire. « J'en conclus que je peux rester ici » Frontière d’un jeu. Redevenir le sale gosse cherchant l’attention du malfrat. « Tu as oublié la gamine » La petite logeant face contre caniveau. Spectacle pour les passants, pour les gosses se faufilant à l’arrière des bâtiments. Troupe de badauds autour de la carcasse, exclamations de terreur, de curiosité, de cris cherchant la police. Forces de l’ordre absentes pour la soirée, tous cuvant à l’arrière des bars. Fauve qu'il trace dans les rues. Refuse l'abandon. « Tu aurais pu avoir la politesse de répondre à l’une de mes lettres, ou juste téléphoner, donner un signe de vie… j’aurais apprécié de savoir que tu ne pourrissais pas aux côtés de ta sœur » Mauvais choix, un pied dans la tombe. Évocation de la jumelle face contre terre. Un mouvement de recul, précaution d’un geste qu’il devine, ravage des poings. Le colosse à ne pas provoquer. Trop tard.  


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