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 [Aditi] Abîme.

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The badder they are, the bigger the reward.
CARTOUCHES : 56



Bang bang.
TON JOB: Femme de ménage
TON AGE: 27 ans, l'éternité au coeur
TES ENNEMIS, TES ALLIES:
MessageSujet: [Aditi] Abîme.    Dim 6 Mar - 23:08


   
ft. L'inconnu & Opale.

   
Abîme.

   
   

   

    L'homme est un fainéant. Plus grand escroc qu'il soit, impossible pour le cœur noir de résister à l'appel du sommeil une fois s'être repu de chair. La bouche entre-ouverte, un mince filet d'air transforme la respiration tranquille en une longue litanie. Signe de poumons défaillants et d'une bien piètre hygiène de vie. Silencieuse, la blondinette au corps encore nouée autour de celui de l'homme observe d'un œil tranquille sa récente proie. Un avocat du diable au ventre flasque et au teint grisonnant mais à la maison fastueuse. Joli endroit joliment entretenu par la renarde qui, sans surprise, devint peu à peu l'amante du pacha endormit. Au diable la femme qui veille à la fidélité du mari, il est bien difficile de lutter quand chair si volontairement tentatrice se pavane sous les yeux voraces. Dénuée de toute culpabilité, la douce Opaline s'assure du sommeil de son amant avant de reprendre sa liberté. Corps dénudé, l'insolente traîne le regard dans la vaste chambre avant de s'approcher -gourmande- du dressing familiale. Curieuse, la main glisse sur les tissus délicats puis s'arrête sur une merveilleuse robe au bleu nuit saisissant. Sans l'ombre d'une hésitation, l'opale s'en empare et couvre son mignon petit corps du délicat tissu venant flatter sa taille fine et souligner la blancheur lunaire de sa peau. Le reflet que lui offre le miroir mural lui plaît et, durant de longues minutes, la blonde s'amuse à faire voleter la robe en tout sens, savourant la légèreté de cette dernière et l'élégance qu'elle lui confère. Sans éveiller le mari, elle s'empare d'une pair d'escarpin, récupère ses vêtements délaissés qu'elle enfourne dans son sac avant de fuir en silence. Elle rapportera la robe demain, quand il la rappellera pour venir dépoussiérer la cuisine.

Le faux semblant. Jeu délicieux auquel se livre chaque jour la renarde. Plusieurs costumes offerts par les amants bernés. Multiples visages venant colorer sa vie et rendre son existence moins fade. Aujourd'hui, Opaline se veut amatrice d'art et possible acquéreuse des œuvres qui flatteront son regard. Emprunt du nom de l'avocat, elle se pavane à l'entrée du musée non sans offrir à la foule des sourires enjôleurs. Sourires qu'aucun ne perçoit si ce n'est les vigiles postés à l'entrée qui lui jettent des regards questionnant. Opale n'en a cure, perdue dans ses rêveries, elle passe sous leur nez en faisant claquer ses hauts talons, ravie d'être aujourd'hui autre chose que la dépoussiéreuse des cœurs sombres.  
Musée silencieux, musée sans âme. Dépossédées de leurs spectateurs, les œuvres patientes sur les murs. Émue de leur sort, la renarde prend grand soin de s'arrêter devant chaque tableau non sans pouvoir éteindre, un certain sentiment de jalousie. Elle aussi aime capturer le temps. Elle aussi aimerait pouvoir reproduire ses œuvres sur de si imposantes toiles. Mais elles demeurent cachées dans le petit carnet gris. Car personne ne doit savoir que derrière chaque crime une petite renarde épie. Il faut dire que la demoiselle ne sait inventer, elle a besoin de voir. Sans quoi la magie ne peut opérer, quel intérêt aurait-elle à peindre une scène n'existant que dans son esprit ? Non. Opaline voulait flatter la réalité et que d'horreur elle devienne splendeur.

Poursuivant sa route, Opaline remplit le vide du claquement de ses talons. Abandonnée l'idée d'être une riche amatrice d'art la voilà redevenue enfant. Traînant carcasse de tableau en tableau elle s'arrête enfin devant l'un deux. Toile monumentale au milieu de laquelle trône une incroyable femme. Le corps voluptueux laisse voir une chair pleine et généreuse. Les bras en croix, la femme représentée cache sa poitrine dans un excès de pudeur non sans jeter un regard effronté aux spectateurs. Iris pétillant de malice conférant au visage juvénile une féminité outrancière. L'amante interdite désigne le titre de l’œuvre et Opale imagine que la jeune femme ainsi peinte vint sans doute nourrir les fantasmes de celui qui ne pouvait la toucher autrement que du bout de son pinceau. Et cela la trouble, et cela lui plaît. Il n'existe plus belle romance que l'amour d'un peintre pour son modèle. Amour interdit, amour puni qu'il ne pourra vivre qu'en transcendant sa muse sur la toile vierge. Délicate manière de faire l'amour et voilà qu'Opale se recule pour s'asseoir sur le banc molletonné et saisir son carnet et son stylo. Elle qui pensait ne peindre que le réel imagine les circonstances dans lesquelles fut peint ce tableau. Apparaît sous son stylo l'amante interdite et, en face, la toile d'une peintre qui lui-même croque les contours du corps délicieux. Mise en abîme, la renarde se voit transportée dans les rêveries de l'imaginaire. Hermétique au monde, hermétique aux bruits de pas. Il n'y a plus qu'elle et le stylo qu'elle tient du bout des doigts.

   
- Adrenalean 2016 pour Bazzart.
   

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MessageSujet: Re: [Aditi] Abîme.    Sam 19 Mar - 23:40



abîme
opaline brodan — aditi sharma



Arpentant la rue de son regard vide, Aditi respirait avec lenteur. Elle était assise à un arrêt de bus, sans attendre quoi que ce soit. Il y avait dans son sang quelque chose qui bouillonnait, qui avait agrandi ses pupilles pour pouvoir avaler les mensonges des journées sans but. Elle avait esquissé un sourire à l'approche d'une goutte de pluie avant de lever le regard vers le ciel. Son erreur était celui d'une enfant qui ne savait pas dire non. Le genre à accepter sans se soucier ce qu'ont lui donné. La nuit d'hier avait été agité et elle en ressentait encore les effets malgré le fait que le soleil se soit levé depuis bien longtemps. Le problème avec Aditi, c'est qu'elle était souvent dans l'excès quand il s'agissait de laisser son âme s'exprimer. Elle se jetait dans cette liberté illusoire qu'offrait la boisson sachant pertinemment qu'elle finissait toujours par oublier. Sa mémoire s'éteignait, fatigué par avance de tout un tas d'évènement inutile et sans conséquence. Aditi se mélangeait à la foule. Elle riait avec des inconnues, dansaient avec d'autres. Malgré sa naïveté totale, elle se contentait de se laisser aller dans des endroits qu'elle qualifiait de sûre. C'est-à-dire ailleurs, loin de là où elle vivait réellement. De là où elle était connue. Entouré d'étrangers qui n'avaient aucune importance à ses yeux. Elle était le genre d'alcoolique à rire pour un rien, à vivre cette drogue par le bonheur et seulement le bonheur. À l'inverse de ceux qui pleuraient pour un rien, elle, elle éclatait de rire au moindre mot. Jusqu'ici, elle ne s'était jamais battue dans cet état. Elle n'avait jamais frappé qui que ce soit. Elle vivait, simplement, jusqu'à s'effondrer dans un coin sans que personne ne se soucie d'elle. C'était ce qui s'était passé hier soir. Les congés ne l'épargnaient, même si elle en prenait quasiment jamais. Elle trouvait ça pénible, les vacances. Les journées à ne rien faire. Mais la voilà coincer dans cette espèce d'enfer silencieux. Ce soir allait ressemblait à hier soir, qui était étrangement similaire à la nuit d'avant. Cela expliquait sans doute sa robe, ses talons de créateur et son maquillage, arrangé mais pas parfait. Ses yeux trahissaient le plus son état.

Une volonté inexpliquée la pousse à se lever finalement. À traverser la route pour pénétrer l'édifice qui se trouve en face d'elle depuis plus d'une heure. Pourquoi ne faisait-elle pas ce que les plus simples faisaient par une telle journée, quand le travail était prohibé ? Aditi n'était pas du genre à se balader. Elle n'était pas du genre à faire le marché le dimanche, à faire son jogging le matin, à aller au cinéma, à boire un thé en ville pour lire un livre. Elle était extrême dans l'ennuie, parce que c'était la seule façon de voir le temps bougé.

D'une manière ou d'une autre, elle reste impassible face aux tableaux. L'ennui semble revenir avec une force extrême maintenant qu'elle est dans le musée. Elle ne voit rien, ne comprend rien, ne perçoit rien. Les tableaux ne lui parlent pas, tout simplement. Peut-être était-elle stupide, mais elle savait que ce n'était pas le cas. Elle était trop froide pour comprendre la chaleur qu'émanait de chaque coup de peinture. Après avoir bousculé un homme qui n'avait rien demandé – et parce qu'elle n'était pas dans en état de visualiser la distance correcte qu'il y avait entre elle et les autres – Aditi se retrouve derrière un visiteur assis sur un banc, en face d'un tableau géant. Ce visiteur, c'est une femme. Absorbée par son dessin, elle ne distingue surement pas la présence qui se trouve derrière elle. « - Qu'est-ce que vous voyez ? » Murmure-t-elle, incapable de véritablement briser le silence d'une voix plus forte. Cependant, elle s'incruste dans la bulle que la dessinatrice s'était créée en s'installant sur ce banc. Après tout, son murmure, elle le prononce alors qu'elle est légèrement penchée vers elle, l'œil aussi curieux qu'observateur. Sans attendre une réponse, Aditi relève la tête, transvasant son regard de la page du carnet au tableau. Elle avait besoin de distraction et elle avait la sensation de l'avoir trouvé. « - Qu'est-ce que vous voyez que je ne vois pas ? » Répète-t-elle. L'Indienne avait la sensation qu'elle avait besoin d'une réponse, à la limite d'une vitalité morbide. Était-ce l'effet de la drogue ou bien la fatigue ? Ou encore sa conscience qui souhaitait chercher une pointe de simplicité.


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There are two ways of spreading light:
to be the candle or the mirror that reflects it.



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