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 A corps perdu. [Harley.]

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Bang bang.
TON JOB: Femme de ménage
TON AGE: 27 ans, l'éternité au coeur
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MessageSujet: A corps perdu. [Harley.]   Lun 29 Fév - 21:46

Grisaille. Fadeur de l'hiver étendant son voile, étouffant la lumière sous une pluie d'amertume. Elle cogne le bitume et chasse les âmes des rues. Unique en règne sur la ville morte qui retient son souffle, attendant -patiente- qu'un semblant de vie puisse reprendre enfin.
Et si les bonnes consciences préfèrent demeurer au chaud en attendant que l'averse cesse, quelques fous sont suffisamment brave pour percer le rideau de pluie.
Mais nul autre fou que lui ne saurait éveiller les hardiesses de sa curiosité. Petite femme qui brave la pluie s'enroulant entre les ombres pour poursuivre la silhouette noire, objet de ses ardeurs.
Lui à la démarche sereine de ceux qui savent où ils vont. Le pas tranquille frappe le bitume et résonne dans le silence des rues la promesse morbide d'une vie qui prendra brutalement fin. Car si Opaline n'est guère maline elle sait reconnaître le visage de la mort lorsqu'elle se présente. Et quand bien même les faciès furent différents toujours le regard demeure le même. Iris lointaine, détachée, qui semble voir au travers des corps. Regard morne, habité par le vide, néant absolu prenant les contours d'une bien fade détermination. Et elle qui suit la mort en sautillant entre les gouttes.
Un sourire au visage rayonnant comme le soleil. La joie qui palpite accompagnant la course du myocarde drainant l'énergie suffisante pour qu'elle ne se laisse distancer. L'homme ne fait que marcher lorsqu'elle a besoin de courir. Maigrelette qui court à sa perte en espérant pouvoir percer les secrets du compagnon de sa patronne. Car connaître la demeure ne lui suffit point pour repaître sa folle curiosité. Elle qui l'a tant de fois dessinée, façonnée, imaginée ne peut qu'espérer le découvrir dans une scène de vie nouvelle. Scène qui rejoindra son petit carnet bien caché dans le fond de son sac. Sac qu'elle tient serré tout contre son cœur quand soudain sa course s'arrête nette.

Opale a couru si vite, le regard harponnant le dos de sa proie qu'elle ne prit la peine d'observer le changement de son environnement. Ce n'est qu'une fois bien camouflée derrière les rondeurs d'un arbre centenaire que son œil perçoit les mouvements hargneux de deux félidés prisonniers de grises cages. L'odeur de la pluie se mêle à l'effluve des fauves enragés dont les grondements grandioses lui procure un délicieux frisson d'angoisse. Angoisse pour la silhouette venant rejoindre un second protagoniste dont il se saisit avec force. Si elle ne perçoit aucun bruit elle n'a aucun mal à sentir la terreur émanant du pourchassé acculé. Elle vibre dans l'air, s’immisce dans le vent, caresse le visage lunaire dévoré par l'attente. L'attente de voir la mort arrivée.
Mort brutale, mort sauvage. L'homme semblant peu prompt à tuer sobrement sa victime préfère le plaquer violemment contre les barreaux de la cage. Et si nul pu penser qu'un corps puisse s'y immiscer cela ne semble de l'avis des tigres dont les pattes furieuses s'y glissent pour accrocher les jambes, le dos et toute parcelle de chair dans laquelle les griffes s'enfoncent. Ne demeure que le hurlement de terreur venant briser la clameur de la pluie. Hurlement qui se tord, se mélange aux sons grotesques des os qui se brisent alors qu'une partie de l'homme se fait littéralement tiré à l'intérieur de la cage. Ne reste plus que les fauves pour se quereller morceaux de jambes et de torse alors qu'il ne reste à l'extérieur de la cage que la tête et les bras s'agrippant furieusement aux barreaux du cadavre fumant. A corps perdu.

Fascinée par le spectacle des deux fauves en furies, Opale à dès lors oubliée la principale raison de sa présence ici. La silhouette précédemment traquée à d'ailleurs disparu depuis bien longtemps de son champs de vision si bien que la chétive quitte sa cachette pour approcher à tâtons le cadavre fumant. «Au moins les tigres sont contents. » S'entend-t-elle murmurer alors qu'elle s'assoit devant le faciès déformé par la terreur de l'inconnu déchiqueté. Le visage jeune, les pommettes hautes et le front fuyant l'homme put être beau si l'hideux rictus capturant ses lèvres n'aurait ainsi déformé son visage. Haussant les épaules et ignorant l'herbe humide sous son assise Opale profite de l'averse enfin se taisant pour saisir son carnet et son crayon. D'abord redessiner les tigres empoignant le corps. Imaginer le corps qui se brise, qui se déchire, les ligaments qui cèdent, les muscles qui se délitent puis, enfin, le bas du corps qui se détache. Dessiner les fauves qui se battent pour les jambes puis qui se repaissent de la chair fumante. Et, enfin, s'attarder sur le visage et le regard. Regard vert, perçant, iris explosé, lèvres tordues et les mains qui toujours tiennent les barreaux de la cage. Comme s'il pouvait encore s'enfuir.
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MessageSujet: Re: A corps perdu. [Harley.]   Mar 1 Mar - 15:43

What are you? A chaos.
Just gotta look a man in his eyes. It’s all there. Everybody wears their hunger and their haunt you know? Just gotta be honest about what can go on up here. The locked room.
Gueule le ciel, crache sa hargne sur les habitants maladroits d’une ville au déclin. Des silhouettes s’égarent, d’autres courent. Nuées de corps à la quête d’un parapluie. Harley se dresse parmi la foule, colosse certain de sa destination. Pas d’épaules basses, de regard vissé sur le sol. Il est de ceux à affronter, de ceux à ne craindre qu’un coup maladroit dans le dos. Parapluie au dessus de sa tête, corbeau charmant qui épargne sa route d’un déluge affolant. La population s’en retourne à ses occupations du soir. De ces quelques filles qui déjà rejoignent un poste sur le trottoir. Regard qu’il ose vers elle, ces poupées vendues, offertes pour des liasses. La pitié gagne parfois au cœur, séjourne un instant lorsque les visages trop juvéniles lui rappelle les chacals qu’elles affronteront dans quelques minutes, heures, jours. Aucune âme de sauveur, de grand défenseur. Par le passé, il était le bras armé de la justice, il gagnait les lieux d’épouvante, déjouait les réseaux, ramenaient des enfants à la vie jamais obtenue. Poupées et garçons qu’il a sauvé de l’enfer, ramené des égouts. Et ensuite ? Des suicides, des crises, car ils n’ont jamais su s’adapter. Il n’a sauvé personne, simplement sa conscience, le droit de dormir le soir. Les pensées sont maintenant chassées. Il n’a pas de temps à s’octroyer pour quelques interludes tristesse. Les mains aux poches effleurent une lame, l’assurance d’une arme qu’il n’aurait pas oublié. Journée de massacre. Encore une. L’homme est une traque depuis deux mois. Trouver un moyen, ne pas s’en mêler, toujours user d’autrui pour masquer son horreur. La voiture aurait été préférable pour se rendre au zoo, ne pas subir cette tempête d’eau. Voiture qu’on repère trop aisément. Clinquante, monstre, unique.

Le zoo menace de sa fermeture. Alerte dans le parc, mots des gardiens ignorés. Harley en profite pour une promenade, visite improvisée qui le mène jusqu’à l’aquarium, impressionnants squales, méduses charmantes. Autant d’animaux pouvant servir à ses pensées macabres. Accès au bassin impossible. Il tourne à droite, en chemin pour l’enclos des fauves. La proie est là. Cent mètres devant lui. Un homme, jeunesse encore marquée au visage, juvénile dont la raison de la mort est inconnue, toujours ignorée. Les motifs l’empêcheraient d’exécuter son travail. La prise est au cou, silencieuse, serpent enroulé autour de la gorge. Panique de la victime. Terreur qui écaille le visage, se faufile dans l’air et éveille les animaux. Peur nourrissant les fauves. Pantin entre ses doigts, gesticulations inutiles. « Vos prières n’y changeront rien » bafouillements de l’autre, invocation de dieu. « Ste Blandine, vous connaissez ? Elle a échappé aux lions, les félins ont refusé de s’attaquer à elle, mais soyez rassuré, elle est finalement morte, égorgée… » Visage terreur qui se tourne légèrement vers lui, assez pour y voir les yeux prasin. Couleur singulière. La tête est plaquée contre les barreaux, le corps tout entier offert aux animaux. « C’est votre peur qui les attire »

Harley n’est plus là. Au devant de la scène. Relégué au dernier rang, en coulisse. La mort spectaculaire n’est qu’un appât. Attirer la personne qu’il sent dans ses pas depuis un moment. Personne qu’il n’a toujours pas débusqué. Certainement pas un flic. Tripes pas assez accrochées pour le suivre. Arrive une silhouette chétive, fantôme qui se faufile entre les gouttes, prend place dans l’herbe, à l’approche de la cage. Inconnue qui se mue en un prénom. Opaline. Le regard revient au spectacle. Un premier rayé se jette sur le repas offert, tire le corps, cherche à agripper la viande vivante. L’autre animal le rejoint. Offrande partagée. Le corps est amené entre les barreaux, dans la cage. Tissus déchirés. Claquement des os. Cauchemar éveillé qu’Harley observe, placide. La tête retombe, suivant de quelques morceaux de son côté. Grognent les félins qui viennent à la rencontre de la gamine, tendent patte pour obtenir le reste. Animaux reculant à l’approche de l’assassin. Le titan séjourne derrière la petite, surplombe, et aperçoit le carnet où se déroule une fantaisie macabre. Esquisses véritables. Meurtre retracé avec soin, avec… beauté. Parapluie s’élevant pour les quelques gouttes revenues gâcher le dessin. « Vous êtes sortie de votre tanière » Une main se pose à l’épaule, ferme, appel à ne faire aucun mouvement de fuite. « Je ne vous imaginais pas une passion aussi singulière »

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MessageSujet: Re: A corps perdu. [Harley.]   Mer 2 Mar - 15:31


   
ft. Harley & Opale.

   
A corps perdu.

   
   

   

   Absence d'arme pour contrer la pluie. Corps offert aux caprices des cieux, ignorance. Aucune crainte de crever de froid, c'est à peine si l'esprit à conscience des membres qui tremblent, des poils qui se hérissent, du corps qui s'emballe, lutte ardemment pour conserver sa température. Absence d'instinct de conservation, âme détachée du corps, négation de la carne tremblante recouvert d'un tissu bien trop léger pour l'hiver. La petite n'a aucune conscience du chaud ou du froid. Choisit ses vêtements dans un élan aléatoire. C'est la couleur qui la guide dans ses choix, la douceur du tissu ou l'humeur de l'instinct. Du rouge. Il faut du rouge quand tombe la pluie. Rouge chatoyant, couleur au milieu du gris. Il faut lutter contre la fadeur de l'hiver, contre les sourires déserts et les âmes mortes. Sentir la vie, sentir le froid, vivre le vent. Qu'elle aime quand il lui fouette le visage. Et l'hiver qui mord son corps et le palpitant qui s'excite, tambourine à ses oreilles. Le sang pulse, les veines des mains gonflent, bleus cyans sous peau de lune. Si fine, si douce, si vulnérable, si perméable aux marques, aux cicatrices. Le corps porte une histoire, chaque marque à son souvenir. Elle en a besoin, sans quoi la vie lui échappe un peu plus. Son corps comme un journal intime dont elle seule possède la lecture. Ultime secret, divin mystère n'appartenant qu'à elle. Vous ne m'aurez pas. Scandée à tue-tête dans l'esprit malade, bouillonnant les restes d'une existence vouée à la perdition.

C'est déjà la fin. Pense la gamine alors que l'homme passe de vie à trépas. Surprise sans cesse renouvelée pour la brièveté de la vie. Pourquoi lui et pas moi ? La question arrive en seconde position dans le classement de ses interrogations profondes. Besoin ardent de comprendre pourquoi ils meurent si vite. Pourquoi ceux qui se battent le plus pour survivre semblent être plus ardemment désirée par la mort. Et elle qui la provoque. Elle qui lui crache au visage tout arrogance sortie attend toujours que vienne son tour. Mais rien n'y fait. Le corps à une résistance étrange, se remet des pires brisures. Excellente vigueur, cicatrisation rapide, la chair ne reste jamais ouverte bien longtemps quand bien même use-t-elle de lame effilée pour mordre la peau. Même le froid glacial d'un déluge d'hiver ne saurait avoir raison d'elle. Il lui faut alors assister aux trépas des autres. Passion prenant vie la première fois qu'elle vit un corps mort. Besoin de le dessiner, de capturer les dernières lueurs d'espoirs ou les rondeurs de l'incompréhension. Puis réinventer la scène, ajouter les détails et rendre le macabre beau. Recherche de l'esthétique dans les laideurs de l'existence. Capacité singulière pour rendre merveilleux l'acte le plus atroce. Comme cet homme se faisant dévorer qu'elle dessine. Il faut insister sur le corps dans tigres, entraîner le regard sur les muscles noueux qui glissent sous la peau. Et le regard, le regard du félin qui semble ronronner de plaisir quand les crocs immenses déchirent la chair. Et le corps du malheureux atrocement déchiqueté. Opale aurait presque envie de donner les restes aux tigres mais la gamine, trop concentrée, voit à peine les félidés passer leurs grandes pattes entre les barreaux, suppliants un nouveau repas.

Et les voilà qui s'écartent visiblement contrariés par la venue d'un étranger. Tête baissée, Opale s'applique à donner à l’œil du supplicier toute son authenticité lorsqu'une goutte passagère vient corner le haut de son carnet. Elle n'a guère le temps de réagir qu'une ombre vient barrer la route aux derniers assauts de la pluie. Bref frisson, la voix résonne et le corps se tend. Prêt à bondir une main sévère se pause sur l'épaule humide. Vous êtes sortie de votre tanière. Mots sans intérêts. Opale a refermé brutalement son carnet et le regard se pose à présent sur la main tenant l'épaule. Longs doigts d'homme, peau fatiguée, étonnamment chaude, le contraste la dérange mais elle reste sagement immobile, fascinée. Je ne vous imaginais pas une passion aussi singulière. La voix de basse la ramène à la réalité. Brutale. La mort, le froid, la nuit qui s'en vient. Rupture de la conscience, Opale courbe la tête et arrière et le regard rencontre le sien. Visage connu, recherché, observé. Elle se souvient qu'il fut son objectif principal, sourit à elle-même s'amusant d'être si facilement distraite. «C'est un secret. » Qu'elle répond avec aplomb non sans sourire à nouveau. C'est plus fort qu'elle, c'est plus simple que le langage, plus efficace pour lutter contre la mine sévère du titan à la poigne de fer.  La gamine glisse la main sur la sienne et, doucement, retire les doigts retenant l'épaule prisonnière. «Je ne pars pas. » Qu'elle dit comme si elle eut la moindre de chance d'échapper au loup s'il se décidait à la traquer.

Se relevant enfin, elle glisse son carnet dans son sac et fait face à son interlocuteur. Première occasion de se tenir aussi près de lui, de prendre conscience de sa hauteur, de la largesse de ses épaules. Colosse de fer contre poupée de chiffon. Association singulière, la petite pourrait aisément être sa marionnette. Cela ne l'inquiète guère, habituée à ce que l'on tire les ficelles de son être. Dépossession de soi mais regard vivant. Caboche pleine de plis où se cache l'esprit pour ne jamais se briser. Absence de crainte, regard résolument attaché au sien. «Tu ne diras rien ? Et puis comment tu as su ? Les autres ne m'entendent pas d'habitude... » Familiarité involontaire. Propos dénués de formes, absence de savoir vivre elle s'adresse à lui comme s'il fut un ami de longue date. Mais cela n'a guère d'importance aux yeux de la gamine soudain s'inquiétant de sa capacité à être invisible. La moue se fait d'ailleurs boudeuse et le regard déçu. Prit la main dans le sac, dépossédé trop aisément de son art la gamine se sent vaincue sans même avoir eu à se battre.
Mais la gamine est têtue, il faut maintenant qu'elle sache. Sans quoi elle demeurera frustrée et reprendra la traque.

   
- Adrenalean 2016 pour Bazzart.
   


Dernière édition par Opaline Brodan le Dim 6 Mar - 23:02, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: A corps perdu. [Harley.]   Ven 4 Mar - 15:17

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Le rouge, l’incroyable nuance capte le regard. Un point au milieu de la grisaille, un attrait au cœur d’une tempête. Harley observe la silhouette, la frêle qui semble s’envoler à chaque bourrasque. Corps jeté à l’eau, ruisselle le ciel sur la carne non protégée. Il s’avance à la rencontre de la petite. Ombre sans âge, sans identité. Il s’approche et la reconnaissance nait soudainement. Paroles échangées, regards en rencontre, il incline docilement la tête en avant. « Je sais garder les mots que l’on m’offre » Promesse. Ne pas partir. La main à l’épaule oblige à ne faire aucun mouvement brusque, à ne pas avoir cette stupide pensée, cette croyance qu’il laissera la possibilité de vivre après avoir vu… participé. Chaperon en proie aux griffes acérées. Chaperon non dévoré. Elle est de ces rares personnes qu’il croit à la première parole, dont il ne doute pas de la véracité. Elle restera, avec lui, pour un temps, celui de comprendre, de saisir pourquoi elle jouait une partie de cache-cache. « Si je peux profiter de votre présence plus de cinq minutes, j’en serais enchanté » La politesse se faufile dans les paroles. Prédateur qui relâche sa proie. La main s’échappe de l’épaule, revient à la poche.

Comment savoir, comment deviner qu’une ombre seconde était dans ses pas, se muait, se diluait dans la sienne. La question écorche un sourire aux lippes cisailles. « Je traque les gens » Phrase courte, bousculade de la vérité. Gouvernement ou mafia. Harley ne précise pas. Tueur à gage. Les clients ne sont pas toujours les rois souillés. Parfois des ‘’normaux’’, ce que la société classe dans les inoffensifs. Eux aussi payent, tous alignent les liasses. L’innocence est un produit, une fabulation vendue pour les quelques naïfs abonnés aux contes de fées. « Je repère les curieux à leur peur… c’est intéressant la peur, on ne peut pas dire qu’elle possède une odeur mais elle se distille dans l’air, est palpable si on fait attention, comme celle de notre… cher ami dans la cage » La peur qu’il a appris à ressentir, à effleurer. Toujours présente, à des degrés différents. Une nécessité de calmer le myocarde battant. Elle règne encore dans l’atmosphère, la crainte du mort, cette peur devenue terreur, plus aisée encore à capturer. « Je ne sais pas depuis combien de temps tu me suis, peut-être depuis le début ? » Ombre qu’il n’a perçu que récemment. Les deux derniers où la compagnie était présente. Mais avant ? Harley ne se souvient pas de l’embauche, du temps depuis lequel Opaline sillonne dans la maison. Il l’observe se relever, n’y oppose aucune résistance, pas plus qu’il ne tend une main pour attraper le carnet. Respect de l’autre. Respect des esquisses qu’il a entraperçu. « Je ne volerai pas ton carnet, mais j’aimerais voir en détail l’esquisse d’aujourd’hui, après tout, je t’ai offert de quoi noircir ta page » Il garde le tutoiement, conserve cette proximité d’une relation encore naissante, bourgeon des mots. « Approche, reste sous le parapluie » La gamine qu’il convie à ses côtés, tolère la présence d’un petit renard.

« Si tu me fais confiance, je peux te montrer quelque chose d’intéressant » Il pousse la plus jeune au devant, l’emmène à la cage où les fauves observent. Calmes. Repus. Mais intrigués. Harley accroche un morceau de chair abandonné, un bras à déguster. Tissu qu’il passe sur la carne déchiquetée. Sang qu’il ne touche pas. Les fauves grognent d’un repas envié. Le sanguinolent est donné à la blondine. « Tends-le à travers la cage, ne tremble pas » Les mains se posent aux épaules, marquent la présence, la domination d’un colosse sur une âme calcinée de méfaits fantasmées.

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MessageSujet: Re: A corps perdu. [Harley.]   Dim 6 Mar - 12:45


   
ft. Harley & Opale.

   
A corps perdu.

   
   

   

   C'est un secret. Entrebâillement à la porte de son monde funèbre. Entrebâillement forcé, le colosse se tient à la frontière de sa folie. Ne l'a franchit pas encore. Distance polie saupoudrée d'une tranquille menace. Un mot, un geste et la gorge de la colombe pourrait se faire trancher. Promesse murmurée dans les recoins de son iris sombre. Opaline le sait. Connaît le danger, s'en amuse. C'est un secret. Elle l'invite à s'en nourrir, à le défendre. Partage étrange qui pourtant permet le rapprochement tacite. Le cœur d'Opaline palpite quand tonne la voix du ténors. Voix comme le grondement d'un orage lointain. Menace encore tangible, étrangement rassurante. La frêle se redresse et fait face au démon des temps anciens. Le regard glisse sur le visage, s'oublie sur les lèvres fines, boudeuses, deux traits timides conférant au visage un air sévère, autoritaire dont la lassitude dans le regard rappel l'absurdité d'une existence morne. Touchant. Il l'est sans le vouloir pour celle qui sait regarder sans peur. Pour celle qui sait voir au-delà des apparences.
L'incomprise sourit à l'étalement de ses mots. Elle les attrape au vol, les savoure, en ronronnerait presque. Je serais enchanté. Simple convenance ou soupçon de vérité ? Ils ne disent jamais ça. Ils détruisent. Essayent tout du moins avant de s'écrouler, perdants au jeu de «qui brisera la fille en rouge ? » Lui diffère des autres. Opaline entrevoie l'âme plus complexe et n'hésite pas à s'approcher lorsqu'il le lui commande.

La voilà maintenant rentrée dans son monde. Les corps sont si proches qu'elle sent sa chaleur, le bourdonnement invisible de sa puissance aisément maîtrisée. Elle lève les yeux, soutient le regard sans crainte, léger sourire tranquille aux bords des lèvres. Impertinente pour celui qui voudrait voir en son regard l'ombre de la provocation. Touchante pour celui qui saurait y lire les fragrances de l'enfance.
Traqueur. Métier désigné. Il est de ceux qui gagnent leur vie en apportant la mort. Léger frisson au corps, Opaline note l'absurdité d'un tel métier, s'en amuse un instant. Elle aussi traque à sa manière, recherche sans cesse renouvelée du beau là ou règne le laid. Capacité à faire surgir la lumière là où l'obscurité fait droit. Goût pour les sombres, pour les mauvais qu'elle accueille dans ses bras le temps d'une nuit. Amour pour ceux qui se dévoilent, mis à nu par l'innocente qui jamais ne pleure, qui jamais ne rompt. Opaline, vampire des énergies, attachée à la vie échouée des autres pour donner un semblant d'authenticité à la sienne. Combat perdu d'avance mais menée avec panache. L'illusion s'en cesse renouvelée. Illusion comme fondation de sa personnalité. Brisée cette dernière et c'est son monde qui s'écroule. Illusion jalousement gardée par les crocs aiguisés d'une folie ardente. Absence de choix. Ici, seule la folie peut vous sauver.

«Je n'ai pas eu peur. » Répond-elle à sa tirade, impertinence dans les yeux. «Ou... Si. J'ai eu peur que tu me remarques et que. Que tout cela ne soit pas possible. » Elle désigne du regard son petit sac dans lequel repose le précieux carnet. «Mais c'est différent n'est-ce pas ? Il y a autant de peur différente que de couleurs dans l'arc-en-ciel. » Les mots sont lâchés, précipités. Les mains se font chef d'orchestre des mots qu'elle déploie. Besoin de les accompagner, de les arrondir, de les guider jusqu'à l'oreille du colosse qui écoute. La sincérité est singulière, la nécessité de comprendre transcende le petit être qui voit en l'homme un maître en la matière des sentiments primitifs. «J'ai senti sa peur. Les gens ont peur. Pourquoi ? Personne ici n'a la moindre chance de s'en sortir. On connaît tous la fin n'est-ce pas ? » La petite hausse les épaules, sourit encore, sourire qui s'agrandit quand l'ombre tonne sa question. Elle lui lance un regard malin, ravit de reconquérir sa discrétion. Le loup baisse donc sa garde quand il se trouve en territoire conquit.
«Je connais tes épaules basses quand tu rentres d'une journée de lassitude. Je connais ton air inspiré quand tu lis les mots et parfois, tes absences quand tu regardes par la fenêtre. Tu as l'air triste dans ces moments... Alors moi je t'ai dessiné pour mieux te rencontrer. » Elle avoue la gamine. Sincérité au cœur quand bien même cela pourrait le heurter. Pourquoi mentir ? Il est l'un des personnages principaux de ses pages noircies. «Alors... Oui je te montrerais. Je te dois bien ça. C'est comme ça qu'on doit faire non ? » Inadaptation avouée dans le creux des mots.

Si tu me fais confiance. Étonnante demande à la signification creuse. Le colosse ne laisse guère le choix et pousse la petite au plus près de la cage. Les félidés observent, tranquillité recouvrée mais l'attention aiguisée. Opale observe, curieuse, le titan qui bientôt lui tend le restant d'un membre. Elle fronce les sourcils, la mort si proche dégage une odeur bien peut appréciable mais qui a le don de réveiller l'appétit tout juste endormi des fauves. Docile néanmoins, la renarde attrape le bout de viande et s'avance. Le petit bras glisse entre les barreaux et la chair se retrouve à proximité des félidés qui, déjà, se redressent. Le colosse demeure à ses côtés, présence qu'elle note étonnamment rassurante alors que les fauves se rapprochent. Ne pas trembler. Opaline se concentre pour chasser le froid de son bras tenant le bout de viande lorsque le premier félidé (sans doute le dominant) attrape avec force l'offrande. Surprise, Opaline se retrouve propulsée en avant et la tête manque de rencontrer les barreaux. Elle se reprend cependant, récupère son bras qu'elle ne souhaite se voir arrachée et observe, fascinée, la voracité du tigre. «Il est jaloux. » Dit-elle à elle même alors que son regard capte celui du fauve à la gueule vide.

Regard jaune, vie sauvage perdue contenue dans le regard vengeur. Opaline se saisit d'un bout de chair traînant à ses pieds et passe à nouveau sa main dans la cage. Paume levée au ciel, elle attend étrangement sereine quand bien même sut-elle que le tigre ne ferrait qu'une bouchée de sa petite main. Petite main d'ailleurs bien plus appétissante que le vulgaire bout de viande qu'elle lui tend.
L'autre s'éloigne terminer son repas alors que son comparse s'approche. La petite soutient le regard de l'animal féroce, semble se fondre en lui, entièrement aspirée par la force bestiale du titan emprisonné. Le monde semble retenir sa respiration alors que la gueule du félin frôle les doigts de la renarde. Il hume, la frôle à nouveau puis, lentement, ouvre sa gueule béante pour venir lécher la paume offerte attrapant au passage le bout de chair encore fumant. Et le voilà qui s'éloigne, tourne le dos à la main tendue qui se referme sur le tissu puis vient s'échouer le long du corps. Silence respectueux, Opaline savoure encore la proximité du félin, la caresse du danger sur sa peau puis, lentement, se retourne pour faire face au second colosse dont elle eut oubliée -le temps d'un instant-, la présence. «Crois-tu que l'agneau puisse apprivoiser le loup ? »

   
- Adrenalean 2016 pour Bazzart.
   


Dernière édition par Opaline Brodan le Mar 8 Mar - 19:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A corps perdu. [Harley.]   Lun 7 Mar - 12:17

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Elle est de ces singulières qu’il hésite à regarder, tuer, et conserver. Ces enfants brisées, calcinées, éventrées par les années. Il voudrait lui tendre la main, lui promettre de ne pas l’abandonner à la gueule d’un léviathan affamé, d’une ville pourrissante, et aimant les âmes écorchées. Il voudrait. Harley est égoïste, de trop pour emmener une âme avec lui, convoiter avec assez de force pour qu’elle reste à ses côtés. Les autres n’ont jamais compris son intérêt, confondant maladroitement avec un désir brutal, banal, masculin et primaire. L’intérêt de l’autre ne s’est jamais arrêté à cette question. Les femmes sont des superbes qu’il observe, là n’est pas ce qu’il souhaite. C’est au delà, c’est ce qui s’agite sous le crâne, à l’intérieur où se profile la personnalité.

Les ombres à ses pas, les malheureux cherchant à saisir ce qu’il se passe, les rats fouinant pour un article. Morts. « Je tue les curieux, je ne leur donne pas la chance de s’exprimer, ils ont tous les mêmes mots préfabriqués » Des supplications, des genoux dans la boue, des évocations de femme et enfants à l’idée que la compassion va gagner le cœur de l’assassin. Tous dans la tombe. Pulvérisés. Poussières. Couleurs pour la peur. Arc-en-ciel des terreurs agitant les myocardes furieux. L’idée l’intéresse. Tête doucement penchée de côté. L’intérêt est marqué. « Je n’ai jamais songé à cette théorie, mais c’est intéressant… » Des degrés de peur, toute une échelle, graduation de ces fous n’ayant pas compris que la peur est inutile, qu’elle n’engendre que plus de monstres, d’affamés.

Apocalypse en marche. Plus personne pour les sauver. Peut-être sont-ils au purgatoire sans même le savoir. Peut-être que le vestibule de l’enfer se présente par cette ville. Un monde à la décadence vieillie. Harley ne s’est jamais posé la question. Sa mort n’est pas un problème. L’idée est présente, faite, acquise. C’est celle des autres qu’il refusera, sa femme, son frère. Eux sont à épargner, eux ne doivent pas périr, léchés par les diaboliques. « La finalité est connue, mais ce n’est pas pour cette raison qu’ils l’acceptent, ils ont les yeux bandés » Naitre, vivre, mourir. Schéma connu, écrit, emprunté. Mais la peur se faufile encore, au devant de la mort, elle fait cogner le cœur, battre les veines, et les cordes s’en déchirent d’hurlements devenus muets, entravés. Aucun ne se tord d’un silence à la faux qui se tend. Tous les mêmes. « Garance pensait que tu étais muette, une fille idiote comme la précédente. La dernière s’est enfuie en découvrant la vérité, elle menaçait de parler… mais tu ne diras rien, tu ne parleras pas tant que ta curiosité ne sera pas apaisée, n’est-ce pas ? » Les ambres harponnent les billes étrangères. La confiance se tisse, la menace est proche, palpable. Il pose les bases d’un contrat, d’un silence nécessaire. Les propos reviennent au dessin. Ce carnet qu’il voudrait tenir, observer, comprendre. « Ne te sens pas obligée de me montrer ce que tu dessines… mais j’aimerais ne plus être curieux de ce que tu captures » Toile d’une vie. Ce sont les esquisses qui interpellent, tout autant que l’artiste, la superbe à l’imagination bétonnée de corps matraqués.

L’enfant est présentée à la mort. Offrande. Harley ignore la réaction des bêtes, ne peut prétendre les dompter. Un risque est pris. La main tendue attire les félins. Morceau de chair arraché. La petite qu’il retient contre lui, à la peur soudaine qu’elle soit entrainée au centre de l’arène. Surprise au second morceau présenté. Il se recule. N’autorise plus aucune intervention. Cette fois, il songe à la mort. Songe à la blondine disloquée, corps présenté, déchiqueté de crocs affamés. L’attente est interminable. Animal jouant avec la proie. Paume léchée. L’enfer se dissipe. Agneau. Une main s’égare à la joue d’opale. Tachée par des gouttes malicieuses. « Tu n’apprivoises pas les monstres, tu les rends dociles quelques temps, mais ça ne fait pas d’eux des agneaux » Le diable ne s’enferme pas dans une boite, ne se conserve pas dans l’espoir de le voir à genoux. Les loups sont les mêmes. Des bêtes, des crocs prêts à la morsure. Docile. C’est l’illusion, c’est un temps, celui de retrouver la liberté. Pourtant, il est l’exemple du contraire, de la bête tenue en laisse. Mais par un autre, une succube. Deux monstres ensemble, le résultat n’en est que plus terrifiants. « Le plus faible peut apprendre à mordre, mais tu ne pourras pas dompter un loup, tu ne peux plus rien pour les sauver » Racheter une âme, sauver l’impensable, le détruit, le mordu, l’ignoble. Les doléances sont une illusion. Foutaises vendues pour les croyants. L’âme ne se modifie pas, elle reste encrassée, se piétine, et jamais ne revient au morceau premier, l’intact menteur.

Le manteau est défait de ses épaules. Tissu trop large qu’il dépose sur la plus jeune. Enveloppe de la maigreur. « Tu as encore un peu de temps pour moi ? J’aimerais voir les requins. » La main se tend, l’invitation se présente. Le parc est fermé. Les lieux sont à eux. Cris de plusieurs animaux, unisson de leurs déboires.



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MessageSujet: Re: A corps perdu. [Harley.]   Mar 8 Mar - 19:27


   
ft. Harley & Opale.

   
A corps perdu.

   
   

   

   Curiosité patente. Corps attentif, buste fort, légèrement incliné vers l'avant. L'Enfer se tend. Le monde attend. Il y a le dehors qui agresse l'esprit, qui ne parvient à se frayer un chemin. La petite est tranquille, elle observe, soutient le regard, suspendu aux lèvres boudeuses devenues -pour un temps- ancre de son univers. Le pantin a trouvé son marionnettiste. Elle le suivra. Elle lui parlera. Elle ne le quittera que lorsqu'il le souhaitera. Soumise aux injonctions. Confiance aveugle en celui qu'elle ne connaît pas. Qu'elle ne rencontre qu'à travers les esquisses qu'elle couche sur papier.
Lui. Différence dans le regard et dans les mots. Curiosité aux bords des lèvres. Pas d'ombre vicieuse couvrant le regard. Elle ne se sent pas viande la renarde, elle ne se sent pas objet de convoitise. Elle aime bien ça. Subir c'est parfois fatiguant. Les écouter aussi. Eux et leurs souffrances, eux et leurs désillusions qu'ils cravachent sur sa peau lunaire. Et elle qui se fait journal intime des cœurs atrophiés. Ils ont vendu leurs âmes au Diable mais espèrent encore pouvoir se racheter. Le chemin est néanmoins perdu, encombré. Ils taillent mal, mauvais jardinier d'une existence envahit par la mauvaise herbe. Et elle. Petite fleure qui tient debout. Qui grandit sans lumière, s'épanouit sans eau. Et lui. Lui dont elle reconnaît les contours singuliers de la folie. Il avait trouvé le chemin. Il l'a perdu. Il a sombré, il sombre encore, donner la mort est l'unique solution pour continuer de maîtriser sa vie. Brisure de l'esprit. Tueur mécanique. Plus rien a sauvé mais quelque chose à nourrir. Là, quelque part, caché dans le regard. L'ombre d'une douceur qui se bat contre la violence. Ni démon, ni ange. Un entre deux. Personnalité complexe qu'elle veut comprendre. Se perdre dans son esprit. Se noyer dans sa logique. Il tue les curieux. Elle opine du chef. Les mots préfabriqués. Elle connaît, elle les entend souvent, dans d'autres circonstances, quand ils s'excusent de la fouetter.
Les mots qui échouent. Les mots qui justifient. Les mots qui rassurent. Parler. Pour ne rien dire bien souvent. Le vide qui résonne et qu'elle comble de ses rires.

Vous êtes fous. Qu'elle veut leur dire. Mais eux ne souhaitent entendre. Lui si. Opale sourit. Elle aime quand ses mots font mouches. Renouer avec le dialogue. Renouer avec la vie en cheminant avec la mort. La renarde sourit encore. Sans peur pas de vie. Plus de chemin à vivre. Plus rien à construire. C'est le vide. C'est l'absurde. Ils ont besoin d'un sens, sinon ça craque. Qu'elle dit la môme, sourire béat aux lèvres. «Tu sais ce que c'est. L'esprit qui craque. » Affirmation plus qu'une question. Lui aussi a construit quelque chose, construit encore. Et si l'idée de la mort est connue, acceptée, nul ne sait si une fois face à la grande faucheuse, il ne tentera pas de la chasser. Mais ça elle ne demande pas. Réserve. Ne pas en dire trop. Attendre, voir si les mots peuvent encore signifier. Et lui qui reprend. Opale penche la tête sur le côté, sourire amusé. Garder le silence, protéger le secret. Elle en a tend des secrets. Des centaines de vies qui se bousculent en tempête sous son crâne. Elle sent néanmoins la menace sous-jacent les propos. «Un secret c'est précieux. Le tient devient le miens. Je le garde pour la vie et dans la mort. Et toi tu verras ce que les autres ne voient jamais. Tu ne diras rien non plu. Un secret contre un secret. » Elle répond, sérénité du propos et confiance tranquille dans le regard. Opaline sait quand parler mais surtout quand se taire. Muette. Sa femme ne s'était pas trompée. Elle sait faire semblant de l'être. C'est plus simple. Elle est plus tranquille quand on ne l'entend pas.

[…]

Opaline devenue pion est aux griffes du joueur malaisé. La mort est défiée. Elle ne relève pas. Elle lèche, sent la paume et s'en va. La refuse une fois de plus. Rejet accepté, sourire d'effronté. Opaline fait face à Harley parée de son innocence. Est-cela qui la sauve de son inconstance ? Le ténor prend la parole. Voix de basse qui l'enveloppe, qu'elle aime plus que les mots. «Je pense que l'agneau peut se faire accepter du loup. Si il marche dans le même chemin. Si il est autre chose qu'une proie. » Opaline le sait. Elle a vu les carnes les plus endurcies s'adoucir. Comme cet homme qui l'a prit un jour sous son aile, remplaçant la mère disparue. Lui qui finie la rejoindre cependant. Vie aspirée par la renarde qui se pavane encore. Peut-être n'est-il pas bon de vouloir la protéger.

Une chaleur doucereuse l'enveloppe. Inattendu. Opale hausse les sourcils puis referme la veste sur son corps tremblant. Elle perçoit le changement. Le corps se sent mieux, remercie et Opale se vautre dans le confort nouveau qu'elle ne sait elle-même s'apporter. Et Harley qui invite. Main qu'il tend, main qu'elle saisit sans l'ombre d'une hésitation. Main qui se perd dans la sienne. Ridiculement petite, fragile, étonnement précieuse. «J'ai toujours du temps. » Qu'elle répond en souriant à jamais encrée dans le présent. Aucune notion du passé ni du futur, des années qui passent, du corps qui grandit mais de l'âme s'attachant à la jeunesse éternelle. Impossibilité d'être autre chose qu'elle même. Hermétique aux changements. Protection de l'esprit qui sauve l'âme. Oui elle a du temps. Elle pourrait rester à ses côtés des jours entiers que cela ne lui causerait le moindre soucis. La petite s'engage sur son chemin, suit ses pas, elle les aime bien. « Mais je ne nagerais pas avec les requins. Ils sont gros. Je préfère les tigres. » Soudaine volonté exprimée alors qu'elle prend le pas, soudainement pressée, la perspective d'une nouvelle aventure égayant sa curiosité. «Mais je peux te les dessiner. C'est facile à faire. » Reprend-t-elle, voix presque chantante, légèreté de l'âme, parenthèse colorée dans ce monde trop noir. «Quand c'est que tu as commencé à tuer ? » Pas peur des mots, pas peur des questions. Vouloir connaître, encore. L'emporter avec elle, creuser son histoire dans l'esprit, la confondre avec la sienne. Dédoublement.

   
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Dernière édition par Opaline Brodan le Lun 14 Mar - 12:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A corps perdu. [Harley.]   Jeu 10 Mar - 16:25

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La peur les fait avancer, les empêche de tomber dans le trou creusé. La peur comme grondement pour le cœur pourrissant, les muscles atrophiés d’une vie douloureuse. Peur des autres, du boulot, du chien, des voisins… de mourir. Il reconnaît la véracité des propos, hoche la tête. La peur guide leur vie. Ombre dans leur dos, au coin de l’œil. La terreur comme motivation. Mais d’autres s’égarent, abandonnent. Refuge dans l’esprit. Le corps devient un inutile, un pantin sans maitre. Eux les fous, les éclopés de la vie. Enfermement qu’il a connu. La caboche inondée. Folie qu’elle lui soupçonne, a deviné ? « J’ai recollé les morceaux » Esprit craquelé. Les fissures parfois apparentes. Crises de démence. Peut-être qu’elle était là, a assisté aux dernières. Violence à chacune.

Se signent les mots, se lient les langues. « C’est un pacte que je respecterai, tu as ma parole » Ses mots qu’il ne trahit jamais. Promesses qu’il épouse toujours. Menteur. L’une d’elles a été rompue, encore et encore. Pensée qu’il relègue à plus tard.

Agneaux trottinant aux pas des loups. Image des contes, des fabulations. Le blanc se fait dévorer. Première occasion, il n’en reste rien de l’innocence. Sacrifice. « Il doit abandonner sa peau, tolérer de devenir comme celui qu’il observe et suit. Un agneau restera toujours une proie, sauf si il conçoit d’évoluer » Suivre n’est pas suffisant, observer, certainement pas. Participer, devenir une main, les avoir rouge. Devenir la bête pour survivre.

Manteau noué aux épaules frêles. Elle a l’allure des égarée, des vies malmenées. Corps buriné par d’autres, par l’absence aussi. Harley lui donne plusieurs âges. Auscultation du visage, des traits, de toutes ces informations qu’il devrait être en mesure d’analyser, comprendre. Elle échappe à sa logique, elle se différencie du reste. Opaline. Des âges divers, des masques ramenés les uns sur les autres. Enfant muette, agneau terrassé, majesté des couleurs, emblème de la mort. Il l’observe, encore et encore, ne peut se lasser du visage émacié, des os cognant contre les tissus rêches. Regard qui n’est pas celui des loups, des affamés. Il n’a pas cette volonté-là. Lui se fait curieux de la vie, de ce qu’il pourrait extraire de ses fantaisies. « Tu nages dedans, mais c’est préférable à te voir tremblante » Sourire volage. Perpétuation de l’expression. Evocation des requins qu’il souhaite voir. Aucune volonté à l’abandonner dans le bassin. Carnassiers. « Je ne te vends pas aux requins, ils ne feraient qu’une bouchée avec toi. Ça serait du gâchis » De perdre une personne si intéressante, d’abandonner une connaissance à peine entamée. Opaline observée depuis des semaines, dérobée des regards. Observation des gestes. Et Garance qui pensait qu’elle n’était qu’une idiote, une fille de plus, une sans identité. « Ils vont être nourris, c’est toujours intéressants de les voir se battre » Duel des animaux. Carnage de la chair déchirée, morceau malmené, désiré. Gamin, il courrait au devant, s’installait des heures face aux dangereux, méduses qui avaient sa préférence. Gélatine filandreuse. Créatures curieuses assassinant sans se soucier des prisonniers à leurs filets.

Aquarium des géants. Gosse qu’il tient toujours par la main. Invitation à s’asseoir. Minuscules vies alors que passent les squales, narguent de leur mâchoire.

La question tombe. Il ne l’a regarde pas. Impact des mots. La mémoire s’agite déjà, les portes s’ouvrent, laissent entrevoir ce qu’il avait oublié. La mort. La première confrontation. Harley se souvient, ne peut pas ignorer le premier sang. « J’avais seize ans. Elle était plus jeune, une enfant » Petite éclatée sur les rives de goudron. Voitures encastrées. Malheureuse décidant d’aller chercher un ballon fugitif. Corps entre les prisons de métal. Carcasses de fer entourant la vie suffocante. Taire la peine, taire la douleur. Il avait su comment faire. Mouvement déjà exécuté sur des animaux. Coup bref. « C’était un accident de la route. Son corps était jeté sur le bitume, disloqué, une poupée abandonnée. Je lui ai tordu le cou. Je continue de croire que ce n’était pas un meurtre » Assassin. Les phalanges étaient restées blanches. Fuite. Il n’en avait parlé à personne, peut-être à Arsène, chuchoté un soir. Incertitude à ce sujet. Les mains tremblent d’un souvenir désagréable. « Je n’aime pas tuer, ce n’est qu’un frisson, c’est fugace. Ce n’est jamais assez » Pas de plaisir à la mort, de ressenti incroyable. Cœur qui tambourine à l’approche, les doigts se serrent, et la mort frappe. Il ne fait pas durer le sursis. Pas assez patient, pas assez connaisseur du corps, de ses dysfonctionnements. La mort est toujours un contrat.

Le buste pivote. Regard qu’il tolère enfin de poser sur elle. « Tu dessines la mort, ce n’est pas simple de la suivre, de se cacher dans ses pas, comment as-tu appris, quelqu’un t’a montré ? » Se glisser entre les barreaux, chuchoter ses mélodies et apaiser Cerbère. Harley questionne les possibilités, se demande comment il a pu oublier sa présence, comment d’autres se sont fait dupés. Eux aussi. Tous. « Tu gâches ton talent à travailler pour les autres » Les doigts déchirés par les produits. Petite qui se fait souris au cœur des bâtisses mordorées. « Tu veux certainement garder tes dessins pour toi, ce que je peux comprendre… mais tu ne fais qu’observer, regarder ce qui se passe. Tu n’as jamais envie d’agir ? » Etre la main. Devenir le fauve. Muer la passivité en action.



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MessageSujet: Re: A corps perdu. [Harley.]   Lun 14 Mar - 12:36


   
ft. Harley & Opale.

   
A corps perdu.

   
   

   

    J'ai recollé les morceaux. Opaline s'imagine l'esprit comme une imposante bulle de cristal sur laquelle se reflète les milles et une lueur d'une vie de poussière. Des éclats de rouges vermeilles aux noirs lisses et profonds. Du bleu nuit de la mélancolie à la tempête orangée des joies éclatantes. Bulle merveilleuse flottante dans un recoin de la tête, quelque part dans un pli du cerveau. Bulle précieuse soumise aux réalités d'une existence offrant bien plus souvent de mal que de joie. Bulle fragile qu'un rien ne fait exploser et dont les milliers de morceaux se perdent, incapables de se retrouver. Recoller les morceaux. Elle voit dans ses yeux que quelques morceaux du puzzle ont été oubliés. Quelques fissures sont encore présentes rendant l'esprit moins lisse, moins beau, moins équilibré. Elle même connaît cette sensation de ne plus pouvoir être parfaitement entière, parfaitement elle-même. Alors on colmate l'esprit comme on le peut. On se rassure, on donne une justification à ses actes où l'on convoque fatalité pour venir souder les pièces du puzzle qui ne correspondent pas. Et, parfois, les pièces s'effondrent à nouveau et l'esprit se noie sous les assauts des réalités oubliées, savamment rangées dans un coin de la mémoire, réactivée par la vicieuse inconscience qui envahit le sommeil et rend les nuits moins belles. Opaline lui sourit. Harley n'en devient que d'autant plus sympathique à ses yeux qu'il lui offre à présent le respect de leur pacte. Une ombre s'éloigne. La confiance naissante peu, à présent s'infiltrer entre les deux êtres que tout oppose et qui, pourtant, à travers leurs mots trouvent connivence pour exister ensemble.

Métaphore du loup et de l'agneau. Opaline écoute, regard rivé sur l'horizon morbide, oreille attentive à la complainte des animaux rêvant liberté. Liberté qui n'existe plus, pour aucun d'entre eux. Tous en cage, aucune raison de croire en l'avenir sinon celle de s'attacher à son instinct animal:Survivre. Chose qu'elle fait depuis sa tendre naissance. Absence de douleur, absence de volonté. Opaline demeure une enfant qui se glisse dans l'ombre des géants pour avancer derrière eux. Mère des suppliciés, enfant du mal, pantin aux mains des plus grands. Elle n'est rien d'autre que ce que les autres veulent bien qu'elle soit. Et lui. Lui qui suppose le contraire. Elle ne le regarde plus, s'enfonce dans un silence buté non sans songer aux nombres de personnes qu'elle souhaiterait voir décorer le pavé. La majorité sont les hommes dont elle entretient les maisons. Des monstres sans moral, de l'avocat du diable au huissier sans cœur. Tous écrasent la morale et se joue de leur toute puissance. Et ils aiment la tordre, la mordre et dessiner sur sa peau des stigmates sombres. Et elle aime résister jusqu'au moment où les monstres deviennent petit chien de pacotille venant pleurer entre ses bras meurtris. Elle aurait eut mainte occasion de les tuer. Il suffit d'attendre que le sommeil l'emporte après une heure de torture et de sexe épuisante pour qu'elle puisse plonger un couteau de cuisine dans leur myocarde palpitant. Mais il aurait été trop simple de la retrouver. Femme de ménage. Suspect de choix et si Opaline pouvait tout accepter se retrouver derrière les barreaux demeurait sa seule et unique crainte.

L'esprit se noie à nouveau. Perdue dans ses pensées, la réalité s'efface peu à peu. Disparu Harley, disparu la petite main dans la sienne. L'agneau se confond au paysage, devient bulle de savon rejoignant la voie lactée. Durant un temps elle est nuage. Nuage qui se perce et qui se vide quand retentit la voix du ténor. Faible sursaut, Opaline peine un instant à retrouver le chemin du réel. Le regard heurte le sien, s'égare sur le visage, accroche les lèvres, prend conscience des mots. Merci. Murmure-t-elle tout en lui offrant un sourire rêveur. Et lui qui reprend. Ne pas la vendre aux requins. Opaline hausse les épaules, pas vraiment sûr d'adhérer à ses propos persuadée que sa vie n'avait guère plus de valeurs que celle des autres. Ils seraient déçus de toute façon. Qu'elle marmonne entre ses lèvres désignant la maigreur affolante de son corps. Au regard des colosses des mers, Opaline n'était guère plus qu'un cure dent.

La renarde s'assoit au côté de l'homme duquel elle tient toujours la main. Le regard se perd sur les corps imposants des monstres attendant que vienne nourriture. Mais les requins n'attisent guère l'intérêt de la douce dont la préférence c'était toujours tourné vers les félins et animaux terrestres. Le monde marin lui parut toujours trop mystérieux, trop vaste, trop sombre pour qu'elle n'éprouve un réel intérêt pour ses habitants. Elle se contentait d'ailleurs de leur offre un regard respectueux, consciente de leur puissance sans pour autant parvenir à s'extasier sur leur aisance.

Elle préfère dès lors poser ses questions et oser s'aventurer dans le monde d'Harley. Ce dernier accueille les mots avec violence et c'est à son tour de se murer dans son silence. Les pupilles fuient le regard de la renarde qui, curieuse, observe le souvenir venir déformer le visage de son compagnon d'infortune.
Et, contre toute attente, les mots viennent. Quart d'une vie offert aux oreilles attentives de la renarde suspendue aux lèvres. Vision du corps de l'enfant épousant le pavé. Vision de l'homme approchant et offrant à l'inconnue la liberté de ne plus souffrir. Acte gardé secret. Acte venant fissurer la bulle de cristal. Compréhension. Opaline sert tendrement la main qu'elle tient et sourit lorsqu'il se tourne enfin vers elle. Reconnaissante. «La police dirait :  « non assistance à personne en danger. » Pour ma part je dirais que tu l'as certainement sauvé d'une vie dans un fauteuil roulant... Et, qui sait, peut-être n'aurait-elle pas même survécu jusque là. Ce n'était pas un meurtre. C'était une délivrance. » Certitude qu'elle proclame avec force de conviction. Opaline devient la voix de la vérité, veut effacer les doutes, soigner la plaie qu'elle sent encore à vif là, quelque part, chez le ténor qu'elle souhaite soudain protéger.

Puis les mots changent de direction. A elle de se trouver sous la lumière des questions. Elle hausse un sourcil, fouille dans ses souvenirs. «Un jour j'ai décidé que je deviendrais une ombre. C'est utile quand on a rien à manger. J'ai apprit à me glisser dans le pas des autres, à adopter leur démarche, leur respiration. Je les imitais tellement bien que je finissais par réellement devenir leur ombre... A partir de-là. Impossible de se douter de ma présence. Je n'étais plus réellement moi. » Elle se livre la petite. Explique sa manière de faire, songe à ses premières traques. Oui. Elle a apprit seule. Elle apprend toujours tout toute seule. C'est facile. Il suffit d'observer.
«J'aime bien mon métier. » Elle hausse un peu le ton, révolté, le regard s'enflamme un instant, redevient passivité. «Une maison c'est un secret. J'en ai des tonnes des secrets. Je sais écouter les objets et les silences des pièces que l'on abandonne. Même les livres parlent. Ils murmurent les passions des habitants, dévoile des caractères, des inclinations à ne pas dévoiler. » Les mains s'agitent à nouveau. La petite défend son territoire, son morceau de viande. Femme de ménage. Métier de misère qu'elle a -contre toute attente- choisi.
«Agir mais pour faire quoi ? Quel intérêt ? Le rêve ne survit pas à l'action. L'action c'est terre à terre, c'est commettre la réalité. Je ne crois pas vouloir. »

Elle détourne le regard et observe les monstres marins s'entre déchirer pour quelques morceaux de viandes. L'eau se colore d'un délicieux rouge sanguin. Opaline sort son cahier. Besoin viscéral de gribouiller quand la gêne des mots devient trop forte. «Qu'est-ce que ça t'as apporté à toi d'agir ? » La question comme un coup de poignard alors que le regard demeure obstinément fiché sur les squales qu'elle dessine.

Spoiler:
 

   
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MessageSujet: Re: A corps perdu. [Harley.]   Dim 20 Mar - 9:36

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« Malheureusement pour eux, il n’y aurait que des os à dévorer » Le jugement ne se porte pas à la maigreur, au corps dissimulé sous de simples tissus. Il n’est pas là pour offrir ses commandes, son jugement, pour proclamer ses lois. Enfant noyée par la vie, bercée par les courants haineux. Elle fascine Opaline. Les os gigotent sous les vêtements, se taillent une place. Il surprend les épaules malades, les poignets frêles qui pourraient s’éclater à sa poigne. Squelette faible qui tient en place. A quand la chute, la dislocation totale ? La demande meurt contre les lèvres. Pourquoi tu t’effaces, pourquoi ton corps se réduit avec les jours ? Comment fais-tu pour avancer quand gronde la nuit ? Les chacals observent un objet de désir. Lui observe le corps, la maltraitance des années passées. Taches bleutées sur la carne ? Il demanderait presque à voir. Incohérente pensée. Elle fuirait. La voilà emprisonnée dans le manteau offert. Poupée noyée. Blondine avec laquelle il trace un nouveau chemin, l’épargne de la pluie rageuse, l’enlève à ses monstres. Pour ce soir, pour un temps. Les ailes du diable effleurent la joue d’opale.

Première mort. Les mots se gravent au cœur moisi, se frayent un chemin. Opaline réconforte, apaise. Il voudrait croire, lui aussi, continuer à voguer sur la naïveté. « Arsène aurait su ce qu’il fallait faire » Le lien ne s’évoque pas. Aucune information qu’il ne donne à propos de ce nom jeté, pointe de tristesse cognant dans les billes. Seul ce jour là, personne pour lui donner les instructions. La médecine, c’est son frère, c’est le plus petit, le plus téméraire. Meurtrier à l’adolescence. Parler, c’est raviver, mettre en mots les plaies de la caboche. Il se referme, le visage terne, lueur crevée des ambres d’ordinaire moqueuses. « Je l’ai tué, sans avoir de sang sur les mains, sans avoir de preuve de mon acte » Le sang pour compréhension. Le sang gorgeant entre les phalanges. Sillons des paumes tachées d’un grenat chaud. Que jamais le liquide ne rencontre ses mains, ne se loge sur sa peau. Preuve de la mort. Il évite, toujours, s’efface et trouve d’autres stratagèmes. Pas de sang, pas de meurtre. L’esprit en déroute.

Poupée logée aux murs crasses des demeures dégueulant leurs vies. Vices. Questionnement du métier, de ce qu’elle entrevoie, devine entre les mots. Souris logeant ses oreilles aux conversations, et cherchant l’information. Gorgée de secrets, de mots à vendre. Terreurs des familles. A croire que le plus infâme se dévoile dans la rue, entre les passages étroits. Croyance futile, rassurante. L’atroce est dans les maisons, entre les murs rassurants, là-bas se déroulent les pires, les éclaboussures, les vomissures. La mort souille les familles plus que les inconnus. Généralité qu’il peut prétendre, métier qui lui a donné les pourcentages de décès. Meurtres. Et elle, l’enfant égarée. Combien de morts, de coups, d’enfers, a t-elle croisé ? « Je ne dénigre pas ton métier, je m’interroge à propos de ceux que tu croises » Ces dangereux, ces hommes gangrénés d’intérêts viciés. Sont-ils tous des chiens, des affamés, les crocs luisants ? Sentiment protecteur qu’il voit se développer, malgré lui. L’aile toujours étendue pour les cognés de la vie.

Pourquoi tuer, pourquoi aller au delà de l’imagination déjà bien fertile. « Tu préfères les fantaisies à la déception de l’acte, je comprends » Prendre l’arme et mettre en œuvre les inventions, les visions. Côtoyer les loups, devenir comme eux, et apprendre que le plaisir est succinct, faiblard en comparaison de l’imagination. S’inventer des tortures, s’inventer des ficelles macabres. Que la mort ne frappe pas rapidement. Qu’elle hurle, se torde, cherche pitié. Sadisme nécessaire. Léger chez lui. Pas assez pour se réjouir d’un charcuté des félidés. « La connaissance, le pouvoir » Révélation de ce que procure l’acte. Avoir la lame de la justice, ne plus se satisfaire d’une balance. « Je me destinais à devenir avocat, mais la théorie n’était pas suffisante. Défendre par les mots ne me donnait qu’une maigre satisfaction. J’avais une arme, des instructions, le droit d’abattre » Le pouvoir sur l’autre. Plus encore que le corps étalé, inerte. La capacité à juger, à devenir roi des âmes errantes. Tuer si nécessaire. Ordres dont il usait et abusait. Cadavres dans ses placards, débordement des corps. « J’exécute des contrats » Souffle d’une vérité. La main d’un autre. A se croire maitre. Tout est falsifié. Agent ou tueur. Finalité similaire. Couper les fils. Aider les moires.  

Mouvement félin. Debout au centre de la pièce, proche des squales, des carnassiers où il pose une main contre la vitre. Ignorance des géants. « Je crois avoir dépassé le temps que tu devais m’octroyer » Paroles jetées alors qu’il est de dos, ne l’a regarde plus. Le temps se moque. Les aiguilles du temps appellent à son retour. « Si tu veux de l’inspiration pour tes dessins, tu devrais te joindre à moi… » Le corps pivote, les regards s’accrochent. « … la prochaine fois » Invitation lancée. Retrouvailles nécessaires.



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A corps perdu. [Harley.]

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