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 too weird to live, to rare to die (valery&grim)

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let's chase the dragon in my own way, would you ? ☯
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Bang bang.
TON JOB: proxénète de génie.
TON AGE: trente-neuf balais.
TES ENNEMIS, TES ALLIES:
MessageSujet: too weird to live, to rare to die (valery&grim)   Mer 3 Fév - 8:44

† Valery & Grim.
On est les enfants oubliés de l’histoire mes amis. On n’a pas de but ni de vraie place. On n’a pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression c’est nos vies.



too weird to live, to rare to die

Pauvre naze !
Le poing de Cole rencontre le mur avec force. Un juron étouffe le bruit sourd de ses phalanges s'écrasant contre le béton. Le coup a évité le visage d'un homme que Grim n'osera jamais briser. Il n'existe dans cette retenue aucune forme d'amitié, de clémence ou même de respect. C'est un chinois rondouillard, à l'évidence très fier de son corps gras et dodu surmonté d'une tête minuscule. C'est un petit être cupide et fouinard, maître d'une passe qu'il ose appeler restaurant ! Chan -tel est son nom, la seule âme dans cette foutue ville capable de fournir à Cole son traitement quotidien. Du moins, jusqu'à aujourd'hui.
Grim se retourne violemment et noie sa colère dans un silence agité. Il devine un regard bridé et rieur posé sur lui. Sa main le démange, partagée entre haine et douleur. L'homme brûle de frapper, encore et encore ! Déjà, l'image alléchante de cette face jaunâtre  pulvérisée s'immisce dans ses pensées : il est là, noyé dans son propre sang, l'arcade brisée, la lèvre pendante, les pommettes invisibles et ces putains d'yeux enfin clos ! Cafard miteux définitivement remis à sa place. Mais non, Cole n'y touche pas et fait preuve d'un sang-froid surprenant. Sans Chan, il risque de revivre ce jour cruel une centaine de fois et encore une autre centaine, jusqu'à crever dans un caniveau comme un pauvre camé en manque de sa dose. Ô délicieux pavot ! -capable de tenir Grim Cole par les couilles.
Ce métèque pitoyable a beaucoup de chance.
L'homme est calme, et l'agacement tenace. « Tu te démerdes, j'en veux demain. » Le ton est sec, presque tranchant, comme pour dissuader définitivement Chan de le décevoir une seconde fois. Le concerné retient un rire. Il sait. Cole est un client plus que régulier et les quatre années les séparant de leur première rencontre ont fait de lui un homme riche. Il est le seul ici capable de lui vendre une marchandise décente. « Et sinon quoi ? » réplique-t-il, comme si son interlocuteur n'était qu'un vulgaire pigeon, juste bon à ramasser la merde abandonnée dans les ruelles de Deadeye. De nouveau, le sang de Grim glace ses veines, son poing se fige et c'est avec une fureur évidente qu'il attrape l'asiatique par le col et le plaque violemment contre ce même  mur décidément témoin de beaucoup d'agitation. « Écoute moi bien espèce de chinois à la con ! Tu vas bouger ton énorme cul et tu vas me trouver mes doses ou tout ce qui restera de ton putain de fast-food ne sera qu'un tas de cendres ! » Mauvais et rongé par une animosité évidente, l'homme relâche sa victime, crache à ses pieds et coince une cigarette entre ses lèvres fines. « Ne fais pas l'erreur de croire que cette ville a décidé de te donner ta chance. Si ton business fonctionne ici, c'est grâce à moi. Deadeye pend les étrangers et ta gueule de bridé ne revient à personne. » Aidé par la nicotine dans ses veines, l'homme s'apaise de nouveau et prend bientôt congé de son dealer, un regard noir en guise de salutation.

The great Tatum House.
La journée touche à sa fin et c'est avec force et une précipitation peu dissimulée que Grim Cole pénètre dans ce bordel dont il est à la tête. Son arrivée est discrète. Loin de l'entrée principale, il existe une porte toujours close, que seules trois personnes peuvent franchir à leur guise. Cette porte cache un escalier sombre, mais luxueux menant à un couloir aux couleurs pourpres. Rapide, l'homme passe devant une porte, puis une seconde et s'arrête enfin devant une troisième. Aucune inscription de figure sur le bois et Grim ne s'attarde pas. Il fouille dans sa poche et y déniche un trousseau de clés monstrueux. Derrière lui, il referme soigneusement la lourde porte avant de se diriger vers un meuble d'aspect ancien. Ce bureau n'est pas le sien, mais celui de Valery Quinn. Du moins c'est une pièce que Cole a mis à disposition de son ami, afin qu'il puisse gérer au calme les quelques affaires qu'on lui aura confiées -affaires de seconde main, permettant seulement à Grim de ne pas couler, rien de bien important (→). Une pièce gracieusement prêtée donc dans laquelle notre génial proxénète a dissimulé une petite boîte. Facilement, il passe la main derrière la bibliothèque, retire le contenant et l'ouvre avant de lâcher un autre juron. La boîte est vide. Il ne reste rien de cette dose d'opium qu'il conservait pour les jours de manque. Un bruit de métal retentit, celui d'un écrin qu'on a balancé en direction du mur. Journée maudite.
Une nouvelle fois, la porte s'ouvre. C'est parfait. L'irritation est à son comble et Grim a besoin d'un responsable. Agité, l'homme dévisage son ami. L'oeil de Cole est dur et son cœur s'emballe. Les mains déjà moites, il fait quelques pas en direction de ce cher Valery Quinn. « Où c'est ? » balance-t-il en guise de salutations. Un instant, son regard se fige sur la boîte vide, puis retourne brutalement se noyer dans les prunelles sombres du croque-mort. Il n'ajoutera aucun détail, aucune précision. Très sûrement, chaque seconde le rapproche de cet état pathétique entre angoisse terrifiante et manque tenace, entre une réalité trouble et un cauchemar toujours un peu plus net...

_________________

† Evil has its winning ways
Vous n’êtes pas exceptionnels, vous n’êtes pas un flocon de neige merveilleux et unique, vous êtes fait de la même substance organique pourrissante que tout le reste, nous sommes la merde de ce monde prête à servir à tout, nous appartenons tous au même tas d’humus en décomposition.
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MessageSujet: Re: too weird to live, to rare to die (valery&grim)   Sam 6 Fév - 20:50

Faut pas s'y fier
« Loreleï… » L’appel me surprend un peu. La jolie Loreleï ne m’appelle que très rarement. C’est d’ailleurs le numéro du Tatum House qui s’est affiché sur mon portable il y a un instant. Que je sache, je n’y suis pas attendu aujourd’hui, je n’y passe de manière officielle qu’en fin de mois pour le côté administratif que Monsieur Cole ne daigne pas vraiment regarder. Cela dit, je ne fais pas tant que ça, à par veiller que tout soit en ordre. Veiller à ce que tout reste à flot, l’air de rien. Je coince le combiné entre mon oreille et mon épaule, et je continue de passer le chiffon sur le bois polis du cercueil que je viens de terminer. Une commande urgente pour un homme loin de passer l’arme-à-gauche. Je ne sais pourquoi ce cercueil est urgent, mais je ne suis pas là pour poser des questions. L’argent tombe et je m’exécute, aussi simple que cela. On ne me paye pas pour demander les motifs de la commande, cela ne m’intéresse pas.

En quelques mots, la jolie intendante du Tatum me raconte avoir vu Grim se faufiler jusque dans mon bureau, le problème étant justement la discrétion avec laquelle il était entré dans son domaine sans saluer personne. « Tu sais venir, Quinn ? Je monterai pas là-haut. » Je peux comprendre qu’elle n’ait pas envie de se retrouver coincée seule dans une pièce avec Grim. Surtout elle. Mon bureau n’est pas des plus spacieux et sa discrétion pouvait avoir plusieurs significations. Quelle qu’elle soit, Loreleï a toutes les raisons du monde pour ne pas se risquer seule dans mon bureau. « Je vais arriver, ignore-le. » Je raccroche sans attendre un merci. Je ne sais ce que Grim a mais à tout hasard, je range mes affaires et prends la route vers le Tatum House.

J’adore cette maison. Un sourire nait sur mes lèvres alors que j’entre à l’intérieur, par la grande porte. « Les filles, devinez un peu qui est là ! » En tous cas, aucune n’avait remarqué la présence du patron dans les lieux, car les filles encore présentent se précipitèrent sur moi avec de grands sourires et des rires éclatants. J’adore ma vie. Un instant plus tard, je ne ressemblais déjà plus à rien. Deux filles à mon bras et du rouge à lèvres un peu partout, je saluais les filles avec chaleur et quelques mains baladeuses. « Tu es venu pour voir qui ce soir, Quinn ? » Lance l’une d’elle. Je lui souris, me dégage pour venir saisir son visage entre mes mains et l’embrasser avec ardeur, me faisant mordiller la lèvre inférieure au passage. Mmm. « Malheureusement pas toi ma belle, ni aucune d’entre vous. » Je souris, aguicheur, malgré les protestations de certaines. Je sais que ce n’est pas un réel intérêt. Elles ne font que leur boulot. Mais à choisir, elles savent lequel des deux hommes est le plus chaleureux et le plus généreux avec elles.

Je lève le regard, croise celui de Loreleï à son comptoir, d’un mouvement sec, elle m’indique le bureau et j’hoche la tête. Je prends congé des demoiselles, leur promettant de repasser les voir rapidement. Ce qui ne tarderait sans doute pas. Je ne suis qu’un homme après tout. Je prends le temps de passer une main dans mes cheveux, remettant un peu d’ordre dans mes vêtements aussi qui avaient été triturés par les filles de Cole. Je monte à l’étage, jusqu’à la porte de mon bureau où je peux l’entendre remuer ciel et terre après quelque chose. Une fois dans le bureau, je m’adosse à la porte et l’observe. M’ouais. Je balaye la pièce du regard, sans manquer la fameuse boite vide par terre. Où c’est ? Je le regarde alors qu’il s’avance sur moi, en manque. « C’est drôle, j’étais persuadé qu’il s’agissait de mon bureau. » Je le contourne, comme s’il ne se voulait pas menaçant. Je ne suis pas assez idiot pour ne pas me méfier de lui, pas assez non plus pour le laisser faire comme ça le chante. Je vais ramasser la boite à terre pour la remettre à sa place, il n’est pas assez idiot pour croire que j’ignorais sa cachette.

J’arpente la pièce un instant, pour venir me poster derrière mon bureau. J’ouvre le tiroir du milieu et soulève le double fond. Ce bureau, c’est moi qui l’aie fait. Ce double-fond n’est qu’une des cachettes parmi d’autres. J’en sors une dose, range le reste et referme le tiroir. Je geste nonchalamment le petit paquet sur le bureau, vers lui. « Tu devrais ralentir un peu. Mais tu le sais déjà. » Je prends mon siège et m’y assied, observant mon ami lorgner sur l’opium comme un homme découvrant de l’eau après des mois dans le désert. « Tu fais vraiment peur à voir. » Je n’ai jamais été tenté par la drogue, ça m’embrouille les idées. J’ai d’autres vices, mais celui-là n’en fait pas partie.
(c) AMIANTE

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    On cherche à le saisir mais il s'échappe sans cesse, on croit le dominer et c'est lui qui nous tient. Alors, peu à peu, inexorablement, nous plongeons dans les abîmes insondables de la folie : la mort, ultime pulsion, n'est-elle pas la seule issue ?...
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MessageSujet: Re: too weird to live, to rare to die (valery&grim)   Mer 10 Fév - 21:59

† Valery & Grim.
On est les enfants oubliés de l’histoire mes amis. On n’a pas de but ni de vraie place. On n’a pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression c’est nos vies.



too weird to live, to rare to die

Le problème de Cole à cet instant n'a rien à voir avec une simple addiction. Il n'est pas qu'un pauvre camé en quête de sa dose de fumette. Il ne ressemble pas à tous ces pauvres diables paumés qui dilapident leur maigre fortune pour un moment de transe ou d'oubli. Non. Demandez-lui. Demandez donc à Grim Cole ce que l'opium représente pour lui... Il est certain que sa réponse se rapprochera sensiblement de ces mots : « C'est une fleur criarde, mais délicate. C'est un bulbe bedonnant, promesse d'abondance. C'est un élixir désirable, délectable. C'est une drogue sauvage teinte de fumée opaque. C'est un instant de plaisir où enfin je me perds dans mes songes. C'est un caprice plein de sagesse qui chasse la rancune et flatte la noblesse. C'est un délice qui m'égare dans ma chaire, caresse mon âme et renforce les parois effritées de mon cœur. » Le besoin est réel, presque vital. Il n'a pas besoin de planer et encore moins d'oublier. L'opium est son vice le plus délicat et sans doute le moins cruel.  Et quand cette petite boule grisâtre prend place au bout de la pipe, Grim Cole enfin s'adoucit. Il devient alors plus... humain et cet ego démesuré s'estompe dans des vapeurs exquises tandis qu'il ferme les yeux sur sa vile existence. (oui on est d'accord, c'est qu'un camé, mais bon j'ai peur qu'il me fasse bouffer mes doigts si je déments pas un peu → )
Mais ça, Valery ne le comprend pas. Fidèle à lui-même, le croque-mort revêt le costume du trouble fête et ouvre grand la porte à cette moral puante qu'il lui offre parfois sur un plateau. « Ton bureau, dans mon bordel. », lâche-t-il sèchement en récupérant la dose abandonnée par Quinn. « Ne l'oublie pas. » Comme si quiconque pouvait l'oublier...

Là, il le déteste. Il le méprise ce cher Valery Quinn, avec sa morale dégoulinante de vérités cruelles, son sens (un peu bancal) de la droiture et sa putain de capacité à mettre le doigt sur les véritables problèmes. Pire encore, cet impitoyable connard a raison et sans lui, Grim serait certainement enfermé entre quatre murs ou pire encore, enseveli six pieds sous terre.
Sans se départir de son impatience, Cole plante un regard noir sur l'être insupportable qu'il a sous les yeux. Fièrement assis dans son fauteuil, Valery se permet une dernière remarque que l'homme accueille avec un grincement de dents et une envie saisissante de lui cracher à la gueule. Pourtant, Grim se mure dans le silence, oubli momentanément son ami et dévisage longuement cette petite boule d'opium léguée à contre cœur. L’œil aiguisé, il la fait tourner avec lenteur entre ses longs doigts fins. Maintenant, il peut couper court à cet échange rapide et brutal, il peut s'échapper de ce bureau, s'enfermer dans ses appartements et s'offrir cet instant d’apaisement qui n'a que trop tardé. Mais il reste encore un tout petit détail à régler, une zone d'ombre à éclaircir.
L'homme esquisse un sourire aussi bref que forcé en reposant délicatement le sachet sur le bureau du croque-mort. « Deux questions, Quinn. » Cette fois, le ton est neutre, habillé d'une nonchalance presque désagréable. « Pourquoi tu t'es permis de fouiller dans mes affaires ? » Il marque une pause. Valery n'est pas idiot et connaît assez bien Grim  pour savoir que malgré le nom placardé sur la porte de cette pièce, le maître des lieux possède tous les droits sous ce toit -y compris celui de dissimuler de la came dans le bureau de son meilleur ami. « Et où est passé l'opium que j'avais planqué ? ». La voix de l'homme se fait tranchante, car malgré la qualité de la marchandise que Quinn vient de lui refiler, elle n'a absolument rien à voir avec celle qu'il a l'habitude d'acquérir et de consommer.
A son tour, Grim prend ses aises et pose une fesse sur le bureau magnifique de son presque associé. La main adroite, il s'empare du précieux coupe-papier dont Quinn fait souvent usage avec une élégance et une habileté rares. Quelques secondes, il l'observe sous tous les angles, puis l'envoie se planter dans la porte située derrière Valery. Tchac! Rien s'inquiétant... C'est un manège auquel Grim Cole se livre presque à chaque fois qu'il foule cet endroit -les dizaines de crevasses présentes sur le bois magnifique de la porte en témoignent. Rien d'inquiétant... Juste pour faire chier un homme qui passe des heures à embellir un bois brut. Rien d'inquiétant... Si ce n'est le regard qu'un simple gitan réserve à un croque-mort.

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MessageSujet: Re: too weird to live, to rare to die (valery&grim)   Mar 16 Fév - 13:00

Faut pas s'y fier
Assis à mon bureau, me laissant aller en arrière, j’ai l’apparence d’un homme serein. Le regard levé vers lui, je soutiens son regard sans jamais ciller. On ne quitte jamais le serpent à sonnette des yeux, au risque de le voir vous cracher son venin à la gueule. J’adore Grim. Vraiment. C’est un être à part, de ceux avec qui il est difficile de s’ennuyer. Un homme plein de ressource, avec sa faiblesse – mon regard se pose sur cette drogue qui lui pourrit le corps un peu plus chaque jour – et une violence sans borne. Nous sommes si différents, je ne sais pas ce qui nous fait tenir le rythme tous les deux. Ça n’a pas de sens. Mais doit-il forcément y’en avoir un ? C’est peut-être ça le secret. Ça n’a aucun sens, aucune espèce d’importance. Je suis là, c’est tout. J’ai toujours eu le don pour m’entourer des personnes dangereuses, et pour cela, Grim est l’Antéchrist en personne. Il m’annoncerait le temps de l’Apocalypse que je le croirais sur parole.

J’ai un petit sourire. Son bordel, oui. Qui l’oublierait. Je ne relève pas, pas quand il est dans cet état. Je penche la tête sur le côté en le regardant faire, respectant le silence qui s’installe entre nous deux. Le laissant parler, user de son ton lourd de menaces sur moi. Deux simples questions, à double tranchant. Je soutiens son regard sans faillir, parce qu’en réalité, je ne crains rien de bien méchant. Et puis ce n’est pas la mort qui m’effraie, loin de là. J’esquisse un mince sourire, bravache. Son opium dans les mains, Grim est un peu moins à cran. Un peu. « Le souci étant que parfois, j’ai besoin d’aller dans ces armoires-là… » J’en désigne une d’une main, une autre de ses cachettes. « … celle-ci aussi… » J’en désigne une autre. « … Ou encore celle-là. » En désignant celle derrière lui. « Parce que tu me payes pour certaines paperasses que tu méprises. Alors oui, je me retrouve le nez dans tes affaires. » Je fronce le nez, dans une légère grimace. Certaines affaires dont je me passerai bien, comme de retrouver de l’opium disséminée un peu partout sur mon lieu de travail.

« Quant à ce que tu as planqué ici… » Tchac ! Le coupe-papier se plante pour une énième fois consécutive juste derrière moi, manquant de peu de me scalper. Comme à chaque fois. Je ne lui épargne pas mon regard sévère alors que j’entends la lame vibrer contre le bois brut. Cette porte avait été si magnifique à l’époque. Cela faisait longtemps que j’avais arrêté de tenter de la récupérer. « Tu sais bien que je touche pas à ta crasse. » Dis-je sur un ton dédaigneux. « Non seulement j’y touche pas, mais j’suis pas assez con pour te la confisquer. » Je lui lance un regard noir, en réponse au sien. Je n’ai pas peur de la mort, je ne suis pas suicidaire pour autant et puis ce qu’il ingurgite ne me regarde pas. Je me lève, lui tournant le dos pour aller récupérer le coupe-papier bien enfoncé dans le bois. Un instant je laisse mes doigts caresser l’entaille qui s’ajoute aux milles autres. Je jure dans ma barbe, marmonnant des mots à peine audible pour Grim, le traitant d’abruti insensible. Il n’y a pas grand monde qui comprend mon intérêt pour le bois, au moins l’énigme les détourne de ma fascination pour les cadavres.

Tranquillement, je pose le coupe-papier sur le bureau, entre nous deux, prenant appui de mes mains sur mon bureau, je penche légèrement mon corps en avant, vers lui. « Trouve-toi un autre bouc émissaire, Grim. Je sais pas où est ta putain de cam’. » A vrai dire, je n’en sais rien. Mais je le soupçonne de s’être servi, et de l’avoir oublié tellement il était défoncé. C’est possible, mais je ne le lui dis pas. Ca ne se dit pas, pas avec Grim. L’idée lui viendra toute seule, ou peut-être pas. « Sois déjà content que je suis assez prévoyant pour en trouver en rab’. » Je me redresse pour retourner m’assoir à ma place. « Et pas besoin de me faire cette tête-là, t’as qu’à me donner le nom de ton fournisseur la prochaine fois. » Parce que j’n’y connais rien là-dedans, parce que je ne m’y suis jamais intéressé et que Loreleï ne sait pas plus que moi qui le fournis.
(c) AMIANTE

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